Gilette : un nouveau maire sous le feu des critiques dès son intronisation
Le passage de témoin à la mairie de Gilette s'est effectué dans un climat particulièrement tendu. Jean-Claude Niel a été officiellement intronisé maire ce 22 mars, succédant ainsi à Patricia Demas qui conserve son siège à la Métropole. Cette transition, prévue de longue date, intervient après la victoire étriquée de la majorité sortante lors du premier tour des élections municipales du 15 mars.
Une victoire à l'arraché et des contestations immédiates
La liste conduite par Patricia Demas l'a emporté avec une très faible avance : seulement 51% des voix contre 49% pour l'opposition menée par Julien Ferran, soit un écart de onze voix. « On ne pensait pas avoir un score aussi faible », concède Jean-Claude Niel, pointant du doigt les attaques répétées de l'opposition durant la campagne.
À 70 ans, Jean-Claude Niel entame ce qu'il qualifie de « quatrième mandat » à Gilette. Ancien adjoint sous les mandatures de René Morani, il occupait déjà les fonctions d'adjoint aux Finances auprès de Patricia Demas dès 2014. Son élection comme maire était prévisible puisque la sénatrice, élue en 2022, ne pouvait cumuler les mandats.
Une campagne marquée par les polémiques personnelles
La campagne électorale a été émaillée de vives tensions. L'opposition n'a pas épargné le nouveau maire, remettant notamment en cause son ancrage local. Julien Ferran avait taclé en février : « Patricia Demas a été chercher un homme qui vit en Corse pour un rôle d'intermittence ».
Jean-Claude Niel apporte sa réponse : « J'ai une résidence à Gilette et en Corse. Je suis né et j'ai grandi à Gilette. Mais quand j'ai pris ma retraite, je suis parti vivre plutôt en Corse. Depuis, je suis revenu au village ».
L'opposition conteste également la légitimité de son élection, arguant que les électeurs ont voté pour Patricia Demas, tête de liste, et non pour lui. Julien Ferran estime que « les gens ont voté pour celle qui rayonne et qui a un mandat national ». Il a déposé un recours devant le tribunal administratif, dont la municipalité affirme n'avoir pas encore eu connaissance officiellement.
Une intronisation sous haute tension
Le conseil municipal d'intronisation du 22 mars s'est déroulé dans une ambiance délétère. Julien Ferran accuse la première adjointe de lui avoir lancé un « Ta gueule » alors qu'il prenait la parole, ce que dément catégoriquement le maire. « Je l'ai laissé parler exceptionnellement. Il a commencé une longue plaidoirie et nous l'avons arrêté. C'est tout », défend Jean-Claude Niel.
Le nouveau maire justifie l'organisation de la liste : « Je voulais que Patricia Demas garde sa délégation à la Métropole. Quand je vois le travail à faire à la mairie, je pense que c'est bien de partager les tâches. Pour cela, elle devait rester obligatoirement tête de liste. Mais nous avons été clairs avec nos électeurs depuis le départ ». La sénatrice avait d'ailleurs annoncé ce passage de flambeau dans Nice-Matin dès le 4 mars.
Les priorités municipales : santé et stationnement
Malgré les contestations, Jean-Claude Niel se concentre désormais sur ses dossiers prioritaires. En tête de liste : l'offre de santé. La mairie prévoit de signer une convention pour gérer le cabinet médical, afin d'alléger les finances des médecins et maintenir une offre de soins dans la commune.
Le second chantier important concerne le stationnement. Le maire souhaite concrétiser le projet d'agrandissement du parking du château pour créer des places supplémentaires. « Le projet avait fait l'objet d'un recours devant la justice, qui nous a donné raison. Il faut refaire adopter le financement par la Métropole », détaille l'édile.
Confiance malgré les soutiens politiques adverses
Jean-Claude Niel se dit confiant quant à l'obtention des subventions nécessaires, malgré le soutien du président du Département à son opposant et l'arrivée prochaine d'Éric Ciotti à la Métropole. « Je connais très bien Charles Ange [Ginésy] et Éric [Ciotti]. Je sais qu'on dépassera la politique pour Gilette. Je suis confiant », assure-t-il.
Le prochain conseil municipal, prévu le 13 avril, sera l'occasion d'attribuer les délégations aux adjoints. Jean-Claude Niel affirme qu'il conservera ses fonctions de maire pour l'ensemble du mandat, même si Patricia Demas n'est pas reconduite lors des sénatoriales de septembre, auquel cas « elle restera conseillère métropolitaine ».



