Fiscalité locale en hausse à Fréjus après quatorze ans de stabilité
Le conseil municipal de Fréjus a débattu jeudi 9 avril des orientations budgétaires pour 2026, marquant la fin d'une période de quatorze années de stabilité fiscale. La majorité du maire David Rachline a annoncé une augmentation des taux de fiscalité locale, une décision immédiatement contestée par l'opposition qui dénonce un mensonge par omission pendant la campagne électorale.
Un contexte économique justifiant des mesures drastiques
L'adjoint Gilles Longo, chargé de la stratégie budgétaire, a présenté le contexte économique : « En France, la croissance ralentit nettement en 2025. Les taux d'intérêt, généralement élevés, génèrent un coût accru pour la dette publique et locale ». Il a précisé que les recettes de fonctionnement de la commune sont passées de 77,3 millions d'euros en 2020 à 95,5 millions en 2025, tandis que les dépenses ont augmenté de 70,7 à 87,8 millions sur la même période.
Objectif : réduire la dette de 15 millions d'euros
La municipalité a fixé plusieurs objectifs budgétaires :
- Maintenir le niveau de service public et la qualité de vie
- Poursuivre les investissements engagés
- Renforcer la maîtrise des dépenses de fonctionnement
- Engager une trajectoire de désendettement dès 2026
« Pour garantir la soutenabilité des finances communales, la municipalité a fait le choix d'augmenter en 2026 ses taux de fiscalité locale, les geler pour 2027, avant de les diminuer à partir de 2028 », a expliqué Gilles Longo. Il a rappelé que les taxes foncières n'ont pas été revalorisées depuis 2012 et la taxe d'habitation depuis 2008.
L'opposition dénonce une augmentation de 17,7%
Le conseiller municipal d'opposition Jérôme Fotia a vivement critiqué cette décision : « Vous le saviez pertinemment pendant la campagne et vous n'avez rien dit. Vous avez menti par omission aux Fréjusiens ». Il a souligné que l'encours de dette atteint près de 150 millions d'euros, un niveau très élevé pour une commune de cette taille.
Martial Cerrutti, candidat LR lors des dernières municipales, a ajouté : « Ce sont les Fréjusiens qui vont devoir rembourser les banques et palier votre mauvaise gestion ». L'opposition a particulièrement dénoncé l'augmentation de 17,7% de la fiscalité locale prévue pour 2026 seule.
La réponse de la majorité : « L'effort ne durera que deux ans »
En réponse, Gilles Longo a défendu la position de la majorité : « Nous n'avons jamais parlé de fiscalité dans notre programme. Il n'y a rien d'opaque. L'effort ne durera que deux ans ». Il a présenté une comparaison favorable des taux d'imposition entre Fréjus, Toulon et La Seyne-sur-Mer.
Paul Violet, président du groupe majoritaire, a exprimé sa solidarité avec le maire, qualifiant cette augmentation de « mesurée, maîtrisée et temporaire ». La majorité met en avant que la capacité de désendettement devrait passer de 19,4 années à seulement 8,1 années grâce à ces mesures.
Malgré ces arguments, tous les élus de l'opposition ont voté contre ces orientations budgétaires, marquant un clivage profond au sein du conseil municipal de Fréjus sur cette question fiscale cruciale pour les finances de la commune.



