Une élection présidentielle très attendue en Gironde
Le conseil de la communauté de communes Latitude Nord-Gironde, réuni jeudi 2 avril, a attiré toute l'attention de la classe politique locale. Cette séance cruciale était consacrée à la succession d'Éric Happert à la présidence de l'établissement public de coopération intercommunale (EPCI). Deux candidats s'affrontaient pour ce poste stratégique : Frédérique Joint, récemment élue maire de Saint-Savin et proche du Rassemblement National, et Florian Dumas, maire reconduit de Civrac-de-Blaye et sympathisant du Parti Socialiste.
Les arguments des candidats
Frédérique Joint a mis en avant son expérience administrative, juridique et financière, ainsi que ses quatre années d'engagement au sein de la collectivité. Elle a défendu une vision d'une intercommunalité plus économe, plus ouverte et véritablement au service des communes, appelant notamment à clarifier la gestion des déchets qui représente un enjeu majeur pour le territoire.
De son côté, Florian Dumas a insisté sur son ancrage local profond et sa connaissance intime du terrain. Il a plaidé pour une gouvernance collective, équilibrée et particulièrement attentive aux enjeux spécifiques du territoire. À l'issue d'un vote serré mais net, Florian Dumas a été élu président avec 22 voix contre 13 pour son adversaire.
L'absence de femmes aux vice-présidences crée la polémique
Après l'élection du président, les élus ont procédé à la désignation des huit vice-présidents. Le nouveau président a présenté cette équipe comme fondée sur la complémentarité des compétences et le travail collectif. Les délégations attribuées couvrent des domaines essentiels :
- Finances (Guillaume Charrier, maire de Cavignac)
- Urbanisme (Jean-Luc Despériez, maire de Cubnezais)
- Développement économique (Jean-François Joyé, maire de Donnezac)
- Voirie (Noël Dupont, maire de Marsas)
- Ressources humaines (Jean-Luc Besse)
- Enfance-jeunesse (Florian Biancuzzi, adjoint à Marsas)
- Transition écologique (Didier Bernard, maire de Saint-Yzan-de-Soudiac)
- Culture (Jean-Pierre Domens, maire de Saint-Vivien)
Une protestation féminine remarquée
La séance d'élection pour la vice-présidence consacrée à la culture a donné lieu à un vote particulièrement animé. Jennifer Pargade, deuxième adjointe au maire de Saint-Savin, s'est portée candidate en protestation contre l'absence totale de femmes parmi les vice-présidents proposés. « Je me présente car aucune femme n'a été proposée aux vice-présidences, alors que le président a affirmé qu'il serait celui de tous. Or, cet engagement ne se retrouve pas dans la composition de l'exécutif », a-t-elle dénoncé avec force, rappelant que l'assemblée compte pourtant douze élues.
Malgré cette intervention remarquée, Jean-Pierre Domens a finalement été élu au troisième tour, confirmant ainsi la mise à l'écart des élues RN de Saint-Savin et Laruscade de l'exécutif de l'EPCI. Notons toutefois que Marjorie Portes (Laruscade) et Frédérique Joint (Saint-Savin) rejoignent le bureau communautaire, de même que Patrick Pelleton (Marcenais), Nicole Porte (Cézac) et Gwenaëlle Ratel (Saint-Mariens).
Des tensions persistantes et une nouvelle dynamique d'opposition
Les tensions au sein de l'EPCI perdurent malgré cette élection. Patrick Pelleton, maire de Marcenais, a plaidé lors d'une intervention liminaire pour que la mutualisation génère des économies réelles pour les communes volontaires et non l'inverse. Il a également insisté sur la nécessité d'une transparence absolue pour toutes les communes, quelle que soit leur taille, et a demandé que le dossier Smicval, particulièrement clivant, reste ouvert à la discussion.
Si la nouvelle majorité dispose d'une assise solide pour le mandat 2026-2032, une dynamique d'opposition s'installe clairement. Les questions de représentation équitable et d'équilibre territorial s'imposent d'ores et déjà comme des enjeux centraux pour la nouvelle gouvernance.
Un changement dans la continuité
Hors du cadre du conseil, Florian Dumas a confirmé au journal Sud Ouest son intention de laisser son siège de conseiller départemental Nord Gironde à son suppléant pour se consacrer pleinement à ses mandats de maire et de président de l'intercommunalité. Le détail notable est que son suppléant n'est autre qu'Éric Happert, dont il vient précisément de prendre la succession à la tête de Latitude Nord Gironde, créant ainsi une forme de continuité dans le changement.



