Crise en Sud-Gironde : les réseaux sociaux, outil clé des maires pour gérer l'urgence
Pendant deux semaines de crise intense, le Sud-Gironde a été confronté à des inondations majeures, des coupures d'eau et des routes impraticables. Dans ce contexte anxiogène, les communes ont déployé une stratégie de communication proactive, notamment via les réseaux sociaux, pour diffuser une information d'hyperproximité et contrer la propagation des rumeurs.
Une communication essentielle face à l'incertitude
La route est-elle ouverte ? La crue va-t-elle s'intensifier ? Le courant va-t-il revenir ? Ces questions ont hanté les habitants, plongés dans le noir, sans téléphone ou sous les eaux après le passage de la tempête Nils. Le maire de Langon, Jérôme Guillem, a souligné l'importance cruciale de la communication en période de crise, alors que sa commune faisait face à une importante coupure d'eau. « Le moindre sujet est compliqué, les rumeurs urbaines démarrent tout de suite », a-t-il expliqué, mettant en avant la nécessité de rester « le plus froid et serein possible ».
Les réseaux sociaux pour rassurer et informer
Face à « beaucoup de SMS d'inquiétude », les élus ont choisi de communiquer abondamment. Jérôme Guillem a instauré un rythme de publications régulières sur les réseaux sociaux, estimant qu'« une publication toutes les trois ou quatre heures, ça installe un rythme rassurant ». Cette approche a été partagée par d'autres maires, comme Cédric Gerbeau de Saint-Macaire, qui a analysé : « Ce qu'on sous-estime dans ces moments de catastrophe, c'est que les gens la vivent au plus profond d'eux-mêmes. On gère plus de l'émotionnel que les problèmes liés à la crue. »
Les publications visaient aussi à éviter la confusion. Sur Facebook, une usagère du pont entre Langon et Saint-Macaire a commenté : « Ça serait cool d'avoir de vraies infos parce que ça devient relou à force », illustrant la frustration face aux informations contradictoires. La commune de Saint-Macaire a répondu en appelant à relayer uniquement les informations officielles, s'appuyant sur des éléments de la gendarmerie.
Contrer les rumeurs et pallier les défaillances
L'information locale est devenue une source primaire pour les sinistrés. Bruno Marty, maire de La Réole, a rapporté que ses posts ont atteint jusqu'à 390 000 vues, ajoutant : « Beaucoup de personnes sinistrées nous ont dit qu'elles regardaient plus le site de la Ville que celui de Vigicrues. À chaque catastrophe, on va voir l'information directement à la source. » Cette tendance a été accentuée par les défaillances techniques du site de Vigicrues, qui affichait des messages d'erreur aux premiers jours de la crue.
Les rumeurs, notamment sur Golfech, l'eau ou le pont de La Réole, ont proliféré, nécessitant une communication maximale. « Quand la rumeur se met à courir, c'est difficile de l'arrêter », a noté Bruno Marty, justifiant ainsi l'effort constant pour fournir une information de première main.
Des outils pratiques pour les administrés
Au-delà du rassurement, les communes ont aussi fourni des informations pratiques. La commune de Roaillan a même créé une page Facebook spécifique après la tempête Nils. Son maire, Jean-François Tauzin, a expliqué : « pour que les gens sachent où c'est coupé », décrivant cette initiative comme « un point de renseignement pour les administrés ». Cette approche a permis de centraliser les données sur les routes impraticables et les services affectés, offrant une ressource précieuse en temps réel.
En somme, la crise du Sud-Gironde a démontré l'importance des réseaux sociaux comme outils de gestion de crise pour les collectivités locales. En combinant communication émotionnelle, information vérifiée et données pratiques, les maires ont su adapter leur réponse aux besoins immédiats des habitants, dans un contexte où l'incertitude et la peur menaçaient de prendre le dessus.



