Conseil municipal houleux à Blaye : le maire et l'opposante s'affrontent sur démissions et marque déposée
Conseil municipal houleux : affrontements entre maire et opposante

Conseil municipal de Blaye : une séance sous haute tension

La dernière réunion de l'année 2025 du conseil municipal de Blaye a été particulièrement agitée, avec des échanges extrêmement tendus entre le maire Denis Baldès et l'élue d'opposition Elina Sanchez. Le débat d'orientations budgétaires, initialement prévu à l'ordre du jour, a rapidement été éclipsé par des conflits personnels et des accusations réciproques.

Les démissions de conseillers enflamment les débats

Dès l'ouverture de la séance, le premier point a provoqué un affrontement immédiat. Le maire Denis Baldès a annoncé la démission de deux conseillers municipaux, Thierry Durant et Stéphane Elias. Elina Sanchez a immédiatement demandé des explications sur ces démissions, évoquant une rumeur selon laquelle elles seraient liées à la levée illégale du drapeau palestinien sur la mairie.

La réponse du maire a été cinglante : « Le Conseil municipal n'a pas vocation à traiter les rumeurs et si vous voulez connaître les raisons, je vous conseille de leur demander ». Denis Baldès a ensuite invité l'élue d'opposition à faire preuve de retenue, ajoutant : « Il y a du travail à faire sur ce point-là ».

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L'affaire de la marque "Citadelle de Blaye"

Après cette première escarmouche, un deuxième conflit a éclaté concernant directement Elina Sanchez. Yoann Brossard, adjoint à la culture, a évoqué la question de la marque « Citadelle de Blaye », faisant l'objet d'une délibération demandant au Conseil de voter le droit d'exploitation de cette marque à l'Office de tourisme de Blaye.

L'objectif officiel était de protéger l'image du monument historique et d'éviter les abus d'exploitation touristique. Cependant, cette discussion a rappelé qu'Elina Sanchez, via sa société Autour de la citadelle, avait déposé cette marque en 2015 auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi), alors qu'elle tenait une boutique de souvenirs dans un casernement du monument.

Accusations et contre-accusations

La Ville de Blaye avait déposé en 2020 une requête en nullité auprès de l'Inpi, qui s'est prononcée en 2021 pour une annulation partielle de la marque. Selon Yoann Brossard, « l'utilisation de la marque par un tiers pouvait porter atteinte aux intérêts de la commune, le public étant susceptible d'être trompé par la provenance de ces produits ».

Ces propos ont provoqué une vive réaction d'Elina Sanchez, qui a dénoncé « des attaques personnelles ». Malgré les rappels du maire et de l'adjointe Béatrice Sarraute sur le principe selon lequel un élu ne doit pas intervenir sur un sujet le concernant, l'opposante a défendu sa position : « Dans ce contrat de licence, il n'y a aucun intérêt à citer mon nom ou celui de ma société. Et puisque vous m'incriminez avec des affirmations incomplètes et orientées, je me dois de rétablir la vérité ».

Échanges particulièrement virulents

Elina Sanchez a argué que la marque Citadelle de Blaye « n'était pas protégée et libre de droit. Elle n'a pas été utilisée de manière abusive mais en toute légalité ». Elle a précisé que les produits avaient été fabriqués dans ou autour de la citadelle et vendus uniquement sur place.

Yoann Brossard a répondu avec fermeté : « Vous vous êtes approprié indûment, de façon privée quelque chose qui appartient à tous ». Le ton est ensuite monté d'un cran lorsque Denis Baldès a regretté que Madame Sanchez fasse de l'opposition systématique, lançant : « La menteuse ici on sait qui c'est et ce n'est pas la peine de prendre votre air de vierge effarouchée ».

Accusations de sexisme et menaces de poursuites

Elina Sanchez a immédiatement répliqué : « Soyez poli Monsieur. C'est du sexisme ! Est-ce que je vous traite de nabot, moi ? », menaçant d'engager une action en justice. Tout au long de la séance, les échanges sont devenus de plus en plus tendus, jusqu'à ce que le maire, excédé, enjoigne finalement l'opposante de se taire : « J'en ai assez de votre harcèlement continu, taisez-vous ! ».

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Cette séance du conseil municipal de Blaye a ainsi révélé des tensions profondes au sein de l'assemblée, avec des accusations personnelles, des références à des affaires judiciaires en cours, et des échanges qui ont dépassé le cadre habituel des débats politiques locaux. Les relations entre la majorité municipale et l'opposition semblent plus que jamais dégradées à l'approche de la fin d'année 2025.