Un différend sportif enflamme Bergerac à l'approche des municipales
Alors que les intempéries persistantes perturbent gravement la vie sportive depuis plusieurs semaines, une vive tension oppose désormais le District de football de la Dordogne et la municipalité de Bergerac. Dans un communiqué officiel publié sur sa page Facebook ce lundi 16 février, le District a exprimé sa profonde déception face au refus de la Ville de prêter son terrain synthétique pour une rencontre de football.
Une demande rejetée dans un « contexte exceptionnel »
Le District souhaitait utiliser l'installation bergeracoise pour un match opposant par exemple Prigonrieux et Atur, initialement prévu le dimanche 15 février à 17 heures. « Nous regrettons que la commune de Bergerac n'ait pas donné une suite favorable à notre demande, et ce malgré l'existence d'une convention signée. Cette décision n'a pas permis d'apporter la contribution attendue dans ce contexte exceptionnel », peut-on lire dans le communiqué. Le District a toutefois remercié les communes de Trélissac et de Ribérac qui, elles, ont accepté de mettre leurs terrains synthétiques à disposition.
Le maire justifie sa position par des priorités locales et budgétaires
De son côté, le maire Jonathan Prioleaud a défendu la décision municipale en expliquant que ce terrain est réservé en « priorité » aux trois clubs de football de Bergerac : le Stella, l'US La Catte et le Bergerac Périgord FC. Il accueille déjà de nombreux matches de toutes catégories. À titre d'exemple, les féminines du BPFC y ont battu Soyaux le dimanche 15 février à 13 heures, et celles de l'US La Catte ont dominé l'équipe de Vindelle à 15 heures.
« Dès qu'il y a des arrêtés pris dans les communes voisines, les clubs nous appellent mais on fait aussi très attention à l'utilisation du terrain que l'on vient de rénover, on ne veut pas le surutiliser », a ajouté l'élu. Il a précisé que la convention signée avec le District stipule que la Ville doit être prévenue « 30 jours avant » la rencontre. « Le District demande toujours plus en termes d'infrastructures mais à la fin, c'est toujours à la Ville de payer », a-t-il souligné, pointant des enjeux budgétaires sous-jacents.
Une polémique qui prend une tournure politique
Le sujet a rapidement dépassé le cadre strictement sportif pour prendre une dimension politique, alors que le premier tour des élections municipales est prévu dans moins d'un mois. La liste de gauche, menée par Fabien Ruet, a réagi par un communiqué ce mardi 17 février au matin. « Une ville centre ne peut se contenter de raisonner pour elle-même. Elle a une responsabilité particulière vis-à-vis de son bassin de vie, de ses associations, et plus largement du territoire dont elle bénéficie chaque jour des dynamiques humaines, économiques et sportives », indique le texte, qui appelle à « une ville qui joue collectif ».
Cette prise de position illustre comment ce différend local sur l'usage d'un équipement sportif cristallise des débats plus larges sur la solidarité territoriale et la gestion municipale, à quelques semaines d'un scrutin local crucial. L'affaire met en lumière les tensions entre les besoins immédiats du monde sportif, affecté par les conditions météorologiques, et les contraintes de gestion et de financement des collectivités.



