Cognac : Un débat budgétaire animé révèle une consolidation financière et des divergences politiques
Lors du conseil municipal du 19 février, le débat d'orientation budgétaire a été un moment clé pour examiner les finances de la ville de Cognac. Jonathan Muñoz, chef de file de l'opposition de gauche, a profité de cette occasion pour mettre en lumière les enjeux financiers, tandis que la majorité a présenté un bilan positif de la situation.
Une situation financière en amélioration selon la majorité
Le premier adjoint Yannick Laurent a dressé un satisfecit en soulignant que la collectivité n'est plus dans une logique de redressement, mais bien dans une phase de consolidation et de renforcement de ses équilibres financiers. Il a précisé que cela se matérialise par la sortie de la ville du réseau d'alerte en 2024, grâce à une stratégie visant à limiter le recours à l'emprunt à 2 millions d'euros chaque année et à trouver 1,5 million d'euros de marges de manœuvre dans le fonctionnement courant.
Yannick Laurent a rappelé que l'encours de la dette est passé de 27 323 908 euros en 2019 à 18 451 871 euros en 2025, avec un effort d'équipement final de 5,4 millions d'euros prévu pour 2025. Cette réduction significative de la dette illustre les progrès accomplis selon la majorité.
Les critiques de l'opposition sur le désendettement et la démocratie locale
Jonathan Muñoz a apporté ses mises au point, notant que la capacité de désendettement de la ville était de 9,21 années en 2019, à la fin du mandat de Michel Gourinchas, pour passer au-dessus du seuil d'alerte en 2022 sous le mandat de Morgan Berger, atteignant 13,4 ans. Il a rappelé que les groupes d'opposition, à son initiative, avaient rédigé en juin 2023 un droit d'alerte collégial à la population sur la dérive des finances locales, avant que l'État n'alerte lui-même en 2023.
Passée la phase de l'électrochoc, Jonathan Muñoz a estimé que c'est la vente du golf et de la Salle verte qui ont permis de redresser la trajectoire à la majorité. Il a reproché à cette dernière de sous-réaliser les investissements annoncés, soulignant un manque de transparence et d'efficacité.
Des avis mitigés parmi les élus
Emilie Richaud s'est voulue plus positive, affirmant que depuis 2023, les choses se sont sérieusement améliorées, avec un taux de réalisation qui a retrouvé des couleurs en 2023 et 2024. Damien Bertrand a, quant à lui, déploré la quasi-inexistence de démocratie locale, chère à ses yeux, et a critiqué la vente du golf, désormais en déshérence avec un avenir bouché.
Il espérait notamment la création d'un écoquartier, la mutualisation des associations, et un deuxième rapport d'expertise pour la destruction des Halles, tout en se réjouissant d'une situation financière positive. Ces points illustrent les tensions entre les attentes de l'opposition et les actions de la majorité.
Perspectives et enjeux futurs
Le débat a mis en évidence les défis persistants pour Cognac, notamment en matière d'investissements et de participation citoyenne. Alors que la majorité se félicite d'une consolidation financière, l'opposition appelle à plus de rigueur et d'ouverture dans la gestion des affaires locales. La sortie du réseau d'alerte en 2024 reste un objectif clé, mais sa réalisation dépendra de la capacité à maintenir les équilibres budgétaires tout en répondant aux besoins de la population.



