Cenon : le nouveau conseil municipal maintient la stabilité fiscale pour 2026
Cenon : stabilité fiscale maintenue pour le budget 2026

Cenon : une mandature débutante face aux défis financiers

À peine installé, le nouveau conseil municipal de Cenon s'est immédiatement plongé dans les arcanes des finances locales. Ce vendredi 3 avril, une deuxième séance marathon a rassemblé élus de la majorité et de l'opposition autour d'un dossier crucial : les orientations budgétaires pour l'année 2026. Une discussion intense qui a duré près de quatre heures, révélant à la fois des satisfactions et des inquiétudes pour l'avenir financier de la commune.

Des finances communales sous contrôle

Le premier adjoint aux finances, Mickaël David, a ouvert les débats sur une note positive. « Nous avons réussi à contenir les dépenses de fonctionnement de la Ville à hauteur de l'inflation », s'est-il félicité, précisant une augmentation limitée à 1,70 %, soit 800 000 euros supplémentaires entre 2024 et 2025. Autre indicateur rassurant : les recettes progressent légèrement plus vite que les dépenses, avec un écart de 2,66 % (1,3 million d'euros). « Notre ville n'est pas tombée sous le coup de l'effet ciseaux », a souligné l'élu, se référant à la situation dangereuse où les dépenses augmentent plus rapidement que les recettes.

La capacité de désendettement de Cenon apparaît également comme un point fort, établie à 5,3 ans, bien en deçà du seuil d'alerte fixé à douze ans. Ces éléments dessinent un tableau financier provisoirement maîtrisé, mais les élus restent conscients des défis à venir.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La question épineuse de la fiscalité locale

Malgré un contexte économique national et mondial incertain, la majorité municipale a annoncé son intention de ne pas toucher aux taux fiscaux communaux en 2026. Une décision qui intervient après une seule augmentation durant la mandature précédente (+9 % en 2023). Florence Damet, conseillère municipale d'opposition (Ensemble pour Cenon), a toutefois interrogé la pérennité de cette position : « Et pour l'année prochaine ? »

Le maire Jean-François Egron a répondu avec prudence : « Si nous y sommes contraints, nous n'aurons pas d'autre choix. Pour l'instant, on tient bon. » L'élu socialiste a profité de l'occasion pour critiquer la suppression de la taxe d'habitation, qualifiée de « cadeau empoisonné fait aux communes ». Il a rappelé qu'à Cenon, seulement 38 % des habitants paient la taxe foncière, contre 80 % qui étaient assujettis à l'ancienne taxe d'habitation.

« Des propriétaires parmi eux ne sont pas riches du tout et certains d'ailleurs en sont exonérés. À 50 %, la vie serait belle à Cenon mais nous sommes à 38 % », a-t-il déploré, ajoutant : « Certaines communes comme la nôtre peuvent aller dans le mur si les événements se durcissent. »

Un vote budgétaire imminent

Les discussions de cette longue séance ne sont que le prélude à une décision formelle. Le vote définitif du budget 2026 est programmé pour le 27 avril prochain. Ce délai permettra aux différents groupes politiques d'affiner leurs positions et d'éventuellement proposer des amendements.

Cette première plongée dans les finances communales révèle ainsi les tensions inhérentes à la gestion municipale : maintenir l'équilibre budgétaire tout en préservant le pouvoir d'achat des administrés, dans un contexte de transfert de charges de l'État vers les collectivités locales. La mandature qui commence à Cenon s'annonce donc comme un exercice d'équilibriste financier, où chaque décision fiscale sera scrutée à la loupe par une opposition vigilante.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale