Budget 2026 de l'Hérault : Hausse des dépenses sociales mais équilibre précaire
Budget 2026 Hérault : Hausse sociale, équilibre fragile

Le Département de l'Hérault adopte un budget 2026 en hausse mais aux équilibres fragiles

Le conseil départemental de l'Hérault a officiellement validé ce mardi son budget primitif pour l'année 2026, s'établissant à 1,821 milliard d'euros. Cette enveloppe représente une légère augmentation de 30 millions d'euros par rapport à l'exercice précédent, mais elle reste marquée par des équilibres financiers précaires et plusieurs arbitrages difficiles.

Une architecture financière adoptée à large majorité

Après les turbulences budgétaires de l'année dernière, caractérisées par des finances très contraintes et plusieurs coupes franches contestées, l'hémicycle départemental a retrouvé un climat de calme relatif durant ces deux jours d'examen. Le budget a finalement été adopté à une large majorité, bien que l'opposition ait exprimé des réserves substantielles.

Pour parvenir à cet équilibre, la collectivité a dû procéder à plusieurs arbitrages à la baisse dans des domaines sensibles. Les dépenses liées aux aides aux communes, aux collèges, au sport et, dans une moindre mesure, à la culture ont été réduites. À ce sujet, le président Kléber Mesquida a tenu à remercier "les intercommunalités qui ont pris le relais des conventions et ont maintenu l'activité culturelle sur les territoires".

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Une hausse significative des dépenses sociales

L'une des caractéristiques majeures de ce budget 2026 réside dans l'augmentation substantielle des dépenses sociales, qui progressent de 70 millions d'euros. Cette enveloppe se décompose comme suit :

  • 308,80 millions d'euros pour l'insertion, incluant le RSA
  • 460,90 millions d'euros pour l'autonomie, couvrant l'APA et la PCH
  • 203,10 millions d'euros pour l'enfance et la famille, principalement dédiés à l'aide sociale à l'enfance

Parallèlement, des efforts importants ont été consentis pour contenir la masse salariale, qui s'élève à 271,90 millions d'euros avec une hausse maîtrisée à 1,85%. "C'est grâce à l'effort de tout un chacun", a commenté Kléber Mesquida, le patron de l'exécutif départemental. Les dépenses de fonctionnement augmentent quant à elles de 3,9% sur un an.

Des recettes incertaines et un effet ciseau inquiétant

Pour financer ces dépenses accrues, le Département table sur une légère augmentation de ses recettes de fonctionnement, notamment 369,40 millions d'euros pour la TVA et 310 millions d'euros pour les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), indexés sur la santé du marché immobilier. Ces derniers affichent une croissance de 15 millions d'euros par rapport à 2025.

Cependant, cette prévision suscite des inquiétudes. Cyril Meunier, élu départemental, observe avec pessimisme : "Espérons que ces prévisions soient exactes. Mais on constate dans nos communes que ça ne repart pas. Il faut relancer le logement". Il met en garde contre "un effet ciseau qui se resserre" entre les dépenses et les recettes, notant que la marge de manœuvre est passée de 69 millions d'euros en 2025 à seulement 34 millions d'euros pour 2026.

Investissement et endettement : un équilibre délicat

En matière d'investissement, après une année 2025 marquée par une diminution très importante de 35,7%, les dépenses repartent à la hausse à 181,60 millions d'euros. Les recettes attendues s'élèvent à 87,40 millions d'euros, incluant 15,80 millions d'euros provenant de la cession d'éléments du patrimoine départemental.

Pour établir ce budget, la collectivité aura recours à un emprunt d'équilibre de 61,70 millions d'euros, portant l'endettement prévu à 845,50 millions d'euros. La capacité de désendettement est fixée à 25 ans, contre 33,3 ans en 2024 et 12,2 ans en 2025.

Retour émouvant de Kléber Mesquida et changement à la direction

Absent lors du premier jour de débat pour cause d'hospitalisation, Kléber Mesquida a fait un retour émouvant ce mardi. Particulièrement ému en reprenant la parole devant ses collègues, il a exprimé sa fierté "d'appartenir à une telle assemblée. On a le droit à la contradiction mais toujours dans le respect". L'assemblée, unanime, lui a réservé une ovation debout nourrie d'applaudissements.

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En préambule à cette session, Pascal Perrissin, directeur général des services depuis 2019, a annoncé son départ à compter du mois de juillet. Il sera remplacé, par intérim, par Dominique Jaumard.

Un budget adopté malgré les critiques de l'opposition

Malgré les fragilités financières, ce budget 2026 a été adopté à une large majorité. Renaud Calvat, au nom du groupe majoritaire, a souligné : "La situation est complexe. Heureusement elle est gérée par une équipe extrêmement compétente. L'objectif de dégager des marges de manœuvre était difficile, vous avez réussi". Jacques Martinier, pour le groupe Unis pour l'Hérault, a ajouté : "Je mesure la qualité d'une gestion rigoureuse à laquelle nous adhérons sans réserve".

Dans l'opposition, Jean-Louis Respaud et Gilles Sacaze ont voté contre. Ce dernier a indiqué : "C'est un budget trop optimiste sur les recettes. Sur la TVA et les DMTO le pari est hasardeux". Les quatre autres élus biterrois se sont quant à eux abstenus.

Devant ses équipes, Kléber Mesquida a d'ores et déjà fixé le cap des mois à venir : "On va passer une année à faire des économies. Je resterai sur la même ligne. On ne peut pas en avoir une autre", signifiant ainsi que la rigueur budgétaire restera la priorité absolue pour cette collectivité confrontée à des défis financiers persistants.