Bordeaux Métropole répare une injustice historique avec ses voisins sur les déchets
Bordeaux répare l'injustice des déchets avec ses voisins

Bordeaux Métropole répare une injustice historique avec ses voisins sur les déchets

Bordeaux Métropole a érigé la relation avec ses périphéries en priorité politique absolue, dans le but de combler la fracture qui s'est approfondie au fil des décennies avec les territoires avoisinants. Il a fallu un mandat complet pour corriger ce qui est qualifié d'« injustice ». Derrière le thème peu médiatique mais crucial du traitement des déchets ménagers, se déroule l'histoire des relations tumultueuses entre la Métropole de Bordeaux et ses voisins. En arrière-plan, une fracture territoriale mise en lumière par la crise des gilets jaunes.

Une fracture économique et territoriale profonde

D'un côté, la plus puissante intercommunalité de la région, avec un budget d'un milliard d'euros. De l'autre, des territoires périurbains et ruraux moins prospères, dotés de moyens techniques inférieurs comparés aux 28 communes de l'agglomération bordelaise, qui concentrent une part disproportionnée des richesses du département, notamment en termes d'économie, de transports, d'équipements et d'infrastructures.

Jusqu'à récemment, la règle du chacun pour soi prévalait. En 2019, la Métropole, qui héberge les deux seuls incinérateurs de Gironde, a signé un contrat avec Valbom, une filiale de Veolia. Ce marché colossal, dépassant 400 millions d'euros et valable jusqu'à fin 2026, s'est avéré très avantageux pour les résidents de l'agglomération, avec un prix du traitement passant de 80 à 51 euros la tonne. Cependant, pour les autres intercommunalités de Gironde et leurs habitants, la facture a grimpé à 118 euros la tonne, soit plus du double, suscitant une vive colère.

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Un moment historique pour la coopération

Il y a quelques jours, Christine Bost, présidente PS de Bordeaux Métropole, a évoqué un « moment historique » lors du lancement d'Alliance déchets 33. L'objectif est de traiter les déchets non recyclables de tous les territoires de la Gironde, incluant le Blayais, le Bassin, le Libournais, le Sud-Gironde, l'agglomération de Bordeaux et le Médoc. Cette initiative permettra, à partir de 2027, à tous les habitants de la Gironde de payer le même prix pour le même service, tout en harmonisant les politiques de réduction des déchets dans le plus vaste département de France.

La Cour des comptes, bien qu'ayant examiné ce contrat à deux vitesses, n'a constaté rien d'illégal, mais a souligné son caractère moralement discutable. Ce travail de réparation a été mené discrètement durant le mandat sous l'impulsion du président Alain Anziani, décédé en 2025, mettant en avant l'interdépendance entre les territoires.

Des avancées vers une gouvernance partagée

Dans cet esprit, des contrats de coopération ont été signés avec 21 communautés de communes, couvrant des sujets variés tels que l'eau, les déchets, la transition énergétique et l'alimentation. Le dossier de la mobilité, crucial pour tous les Girondins et au-delà, a également connu des progrès significatifs, avec le développement du RER métropolitain et des cars express, en collaboration avec la Région Nouvelle-Aquitaine, pour faciliter les déplacements des habitants hors métropole.

Le groupe socialiste métropolitain, qui détient 14 communes sur 28, propose dans son programme la création d'un « Parlement des territoires ». Cette structure viserait à réunir toutes les communautés de communes pour aborder des questions dont la portée dépasse les frontières de chaque intercommunalité, renforçant ainsi la coopération et la solidarité territoriale.

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