Première séance mouvementée pour le nouveau conseil municipal de Bidart
Le conseil municipal de Bidart, nouvellement élu, s'est réuni le lundi 30 mars pour une séance inaugurale dense, avec pas moins de trente-sept points à l'ordre du jour. Cette réunion, qui a duré une heure et demie, a immédiatement donné le ton de la mandature en révélant des lignes de fracture politiques, notamment autour du projet de ferme maraîchère Erroberri.
Un règlement intérieur et des commissions validés sous tension
Dès l'ouverture de la séance, le vote du règlement intérieur du conseil a suscité les premières divergences. Le groupe minoritaire Bidart par nature, conduit par Michel Lamarque et ses trois colistiers, a marqué son opposition en choisissant de s'abstenir, signalant ainsi sa volonté de se distinguer de la majorité.
La composition des différentes commissions municipales a, quant à elle, été annoncée sans provoquer de vagues majeures. Ces instances, essentielles au fonctionnement de la collectivité, couvriront des domaines variés :
- Vie citoyenne et ressources internes
- Cadre de vie et développement durable
- Famille, jeunesse, solidarité et proximité
- Culture, sports, fêtes et animations
Les représentants du conseil municipal auprès des différentes instances locales, telles que la Délégation des services publics, le Siazim, la Commission locale de l'eau ou encore l'office de tourisme, ont également été nommés lors de cette séance.
Désaccord majeur autour du projet Erroberri
Le point le plus controversé de la réunion a concerné la ferme maraîchère Erroberri. Le groupe minoritaire a vivement critiqué le projet, dénonçant notamment l'emploi prévu de fonctionnaires pour exploiter la ferme plutôt que d'agriculteurs, ainsi que son coût estimé à environ un million d'euros. « Les terres appartiennent au public », a rappelé Marc Bérard, soulignant les interrogations sur la gestion de ce bien communal.
Les infrastructures envisagées pour Erroberri sont pourtant ambitieuses : bâtiments autonomes en eau, production photovoltaïque et équipements de conservation des productions. L'objectif est de répondre aux besoins des cantines centrales de Bidart et de Biarritz, promouvant ainsi une alimentation locale et durable.
Face aux critiques, le maire a défendu le projet en invoquant l'intérêt général, affirmant : « Notre seule boussole, c'est l'intérêt général, il n'y a pas d'argent magique ! ». Malgré ces arguments, le groupe minoritaire s'est une nouvelle fois abstenu sur ce point, refusant de donner son aval.
Autres décisions et orientations budgétaires
La séance a également permis de voter la rémunération du maire et du conseil municipal, ainsi que les taux communaux d'imposition. Le maire a tenu à préciser que la part communale des taux d'imposition des Bidartars n'a pas évolué depuis dix ans, soulignant une certaine stabilité fiscale.
Au chapitre des effectifs, des embauches sont prévues dans plusieurs services, notamment les ressources humaines, l'informatique et le centre technique. Environ cinquante contrats saisonniers seront également mis en place pour la saison à venir, répondant aux besoins temporaires de la commune.
Enfin, la réhabilitation de l'ancienne gendarmerie en pôle social a été votée, marquant un engagement en faveur du développement des infrastructures communales au service des habitants.
Cette première séance du conseil municipal de Bidart a donc jeté les bases d'une mandature qui s'annonce animée, avec des débats déjà vifs sur des projets structurants comme la ferme Erroberri, tout en avançant sur les aspects organisationnels et budgétaires essentiels au fonctionnement de la collectivité.



