Île de Ré : bataille pour la présidence de la communauté de communes le 9 avril
Bataille pour la présidence de la communauté de communes de l'île de Ré

Île de Ré : une élection cruciale pour la présidence de la communauté de communes

Le 9 avril prochain, la séance d'installation du nouveau conseil communautaire de l'île de Ré promet d'être mouvementée. Au lendemain d'élections municipales qui ont profondément renouvelé le paysage politique local, la question de la présidence de la communauté de communes agite les coulisses du pouvoir.

Deux maires en embuscade face à Lionel Quillet

Jean-Paul Héraudeau, maire de Rivedoux-Plage, et Patrice Raffarin, maire de La Flotte, sont régulièrement cités comme des challengers potentiels pour contester la présidence de Lionel Quillet. Si le nom du premier circule avec insistance dans les cercles politiques, Jean-Paul Héraudeau maintient une position prudente pour l'instant.

Lors d'une réunion de soutien à Véronique Richez-Lerouge aux municipales à Saint-Martin, Jean-Paul Héraudeau avait pourtant évoqué des rapports difficiles avec Lionel Quillet, décrivant une mauvaise ambiance préjudiciable à la coopération entre communes voisines.

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Un contentieux ancien qui refait surface

En 2021, alors qu'il était encore vice-président communautaire aux déchets, Jean-Paul Héraudeau avait été signalé à la justice par Lionel Quillet pour une suspicion de tentative de favoritisme dans l'attribution du marché de l'enlèvement des ordures ménagères. La procédure s'est conclue par un non-lieu le 20 mai dernier, mais la rupture entre les deux hommes était déjà consommée.

Patrice Raffarin, quant à lui, nourrit un différend avec Lionel Quillet depuis 2019 et l'adoption du Plan local d'urbanisme intercommunal. Le maire de La Flotte affiche clairement sa position : Je suis contre le cumul des mandats, je l'ai toujours dit. Maire et conseiller départemental, c'est suffisant quand on veut accomplir correctement sa mission.

Des manœuvres politiques en cours

Patrice Raffarin ne briguera donc ni la présidence ni un poste de vice-président, mais pourrait accepter une délégation, notamment aux finances, si une nouvelle majorité venait à évincer Lionel Quillet. J'y travaille, je fais tout pour que ça arrive !, confie-t-il volontiers.

Véronique Richez-Lerouge, conseillère départementale battue à Saint-Martin, reconnaît que les grandes manœuvres sont lancées. Elle siègera dans l'opposition au conseil communautaire et soutient ouvertement Jean-Paul Héraudeau : Je le souhaite. Il travaille déjà en bonne intelligence avec Rivedoux et Patrice Raffarin.

Un contexte politique profondément renouvelé

La donne a radicalement changé après les municipales :

  • Six des dix maires sont nouvellement élus
  • Des vice-présidents ne se sont pas représentés
  • D'autres ont été battus aux élections
  • À Saint-Martin, la nouvelle maire Anne Mémin ne s'inscrit pas dans la continuité de Lionel Quillet
  • À Sainte-Marie, le candidat issu de la majorité sortante n'a pas remporté la mairie

La partition géographique entre communes du nord et du sud, aux intérêts parfois divergents, pourrait également jouer un rôle déterminant dans cette élection.

L'incertitude plane sur la candidature de Quillet

Les deux maires challengers sont membres du Gem, le Groupe d'expression multiple qui rassemble les opposants à la majorité sortante. Des rumeurs circulent selon lesquelles Lionel Quillet pourrait finalement renoncer à son fauteuil, faute d'élus pour le soutenir. Ce mardi, l'intéressé n'a ni confirmé ni infirmé ces spéculations.

La question de la présidence de l'intercommunalité rétaise et de la gouvernance à mettre en place occupe désormais tous les élus de l'île. Les prochains jours s'annoncent décisifs pour l'avenir politique de la communauté de communes, avec une élection qui pourrait marquer un tournant dans les relations intercommunales sur l'île de Ré.

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