La composition de l'assemblée communautaire de l'Agglomération de Saintes a été modifiée en toute discrétion, passant de 64 à 70 délégués. Cette évolution, qui ramène l'instance à sa configuration antérieure à 2020, s'effectue sans débat public notable, suscitant des interrogations sur les processus décisionnels locaux.
Un troisième tour décisif pour l'exécutif
Le processus de constitution de l'exécutif autour de Bruno Drapron, candidat à la présidence de l'Agglo, est désormais engagé. Cette phase cruciale soulève des questions majeures concernant les équilibres territoriaux et politiques au sein de la collectivité. Les observateurs s'interrogent notamment sur le maintien des maires de gauche, tels que Jean-Luc Marchais, Jérôme Gardelle et Pierre-Henri Jallais, aux postes de vice-présidence. L'installation officielle des délégués communautaires est programmée pour le vendredi 10 avril 2025.
Le mystère du retour à 70 délégués
La décision de revenir à 70 délégués, après la réduction à 64 imposée par la loi en 2020, intrigue particulièrement. La plupart des délégués communautaires les plus assidus affirment n'avoir aucun souvenir d'un débat ou d'une discussion approfondie sur ce sujet. La clé de cette modification réside dans un arrêté préfectoral daté du 30 septembre 2025, qui applique les règles de droit commun en l'absence d'accord local.
Seule la commune de Saint-Vaize, dirigée par le maire réélu Michel Roux, avait officiellement délibéré en faveur d'un accord local pour discuter de la répartition. Aucune des 35 autres communes composant l'agglomération ne s'était penchée sur cette question fondamentale, laissant le champ libre à l'application des procédures standardisées.
Une nouvelle répartition des sièges
La redistribution des sièges accorde une place prépondérante à la ville de Saintes, qui voit sa représentation passer de 25 à 28 délégués communautaires sur les 70. Cette dotation importante, répartie entre 22 sièges pour la majorité et 6 pour l'opposition, reflète le poids démographique de la commune, qui abrite à elle seule 42% des habitants de l'agglomération.
Les communes bénéficiaires
Plusieurs communes voient leur représentation renforcée :
- Chaniers gagne un siège supplémentaire, portant sa délégation à quatre représentants.
- Saint-Georges-des-Coteaux dispose désormais de trois sièges au lieu de deux, le nouveau étant attribué à un représentant de l'opposition municipale. Initialement destiné à Patrick Perronneaud, ce siège est vacant suite à la démission de ce dernier.
- Corme-Royal double sa représentation, passant d'un à deux délégués communautaires.
Fontcouverte conserve quant à elle ses deux sièges, avec la confirmation que Francis Grelier, maire sortant réélu et vice-président de l'Agglo, siégera à nouveau aux côtés de Marie-France Drey. Les 32 autres communes de l'agglomération disposeront chacune d'un seul siège pour faire entendre leur voix au sein de l'assemblée communautaire.
Cette réorganisation silencieuse des équilibres de pouvoir au sein de l'Agglomération de Saintes intervient à un moment charnière, alors que se prépare la formation du nouvel exécutif. Les conséquences de ces modifications sur la gouvernance territoriale et les dynamiques politiques locales restent à observer dans les prochains mois.



