Un accord politique pour une transition à mi-mandat dans les Landes
Sauf surprise de dernière minute, la réélection de Pierre Froustey à la présidence de la plus grande intercommunalité des Landes, Maremne Adour Côte sud (Macs), semble désormais acquise. Cette situation fait suite à un accord trouvé la semaine dernière entre l'actuel président, également maire de Vieux-Boucau, et Régis Gelez, maire de Saint-Vincent-de-Tyrosse, avec le soutien des élus de la majorité.
Une passation programmée malgré les interrogations
Peut-on légitimement se présenter à la présidence d'une importante intercommunalité tout en annonçant ne pas souhaiter aller au terme de son mandat ? Cette question centrale plane sur les négociations. Un accord aurait été conclu pour organiser une passation de pouvoir à mi-mandat entre Pierre Froustey et Régis Gelez. Cependant, le dernier mot reviendra officiellement aux délégués communautaires de la Macs lors du vote prévu le jeudi 9 avril 2026.
Le terrain a été soigneusement préparé pour limiter les incertitudes, même si l'annonce prématurée de cette potentielle transition a provoqué quelques remous politiques au sein de l'assemblée. Pour cette collectivité territoriale qui regroupe 23 communes, ce scénario rappelle une situation antérieure : en 2017, Éric Kerrouche avait cédé sa place à mi-mandat pour respecter la loi sur le non-cumul des mandats, permettant ainsi à Pierre Froustey de lui succéder sans suspense majeur.
Un contexte politique local mouvementé
« Ça ne change rien, il faudra bien que Régis Gelez se fasse élire dans trois ans », commente un maire socialiste réélu, cherchant à justifier ce qu'il qualifie de « manœuvre » politique. Les récentes élections municipales ont en effet modifié le paysage local : Soustons et Moliets-et-Maâ ont basculé politiquement avec les défaites de Frédérique Charpenel et d'Aline Marchand, tandis que Soorts-Hossegor a connu un changement de maire avec la défaite de Christophe Vignaud au profit d'Olivier Bégué.
Pierre Froustey lui-même a reconnu au lendemain du second tour des municipales qu'« un autre candidat serait de toute façon minoritaire au sein de cette assemblée ». La question se pose alors : certains opposants marqueront-ils le coup en présentant une candidature symbolique, comme cela s'était produit en 2017 avec Lionel Camblanne, alors maire de Seignosse, qui avait obtenu onze voix contre trente-neuf pour Pierre Froustey ?
Les équilibres politiques en jeu
Si Pierre Froustey affirme avoir travaillé de manière transpartisane lors des conférences des maires, les résultats des dernières élections municipales semblent influencer plus directement la composition future du bureau. Au moins six nouveaux vice-présidents doivent être nommés, ce qui annonce une valse des postes clés au sein de l'intercommunalité.
Lors de son élection en 2017, Pierre Froustey avait déjà évoqué la nécessité de respecter certains « équilibres » pour assurer le bon fonctionnement institutionnel. Aujourd'hui, ces équilibres sont à nouveau au cœur des discussions, alors que la Macs s'apprête à vivre une transition politique programmée mais non dénuée de tensions sous-jacentes.



