Ursula von der Leyen, l'incarnation controversée de l'UE
Von der Leyen, l'incarnation controversée de l'UE

Ursula von der Leyen, le visage contesté de l'Union européenne

Elle est le bouc émissaire préféré des ennemis de l'Europe, mais aussi de certains de ses amis. Il faut dire qu'elle y a mis du sien. Ursula von der Leyen incarne l'Union européenne plus que ses prédécesseurs ne l'ont jamais fait depuis Jacques Delors. Parce qu'elle est la première femme de l'Histoire à présider la Commission, et que la misogynie n'est jamais loin. Parce qu'elle est allemande, et que la germanophobie n'est jamais loin non plus. Parce qu'elle est arrivée en poste à ce moment de chaos stratégique où l'Union, attaquée par la Russie de Poutine qui mène une guerre d'invasion sur le continent, par la Chine de Xi qui l'agresse économiquement, et par les États-Unis de Trump qui renient leur alliance transatlantique historique, n'a pas d'autre choix que de construire sa propre puissance – donc de s'incarner. Quitte à en faire trop et à abuser du rôle que lui confèrent les traités.

« Elle sort de son couloir de nage », « elle déborde les contours du coloriage », disent en coulisses dirigeants et diplomates européens.

Une stratégie de communication omniprésente

Elle s'est attelée à faire de son visage lisse et souriant un repère populaire, postant sur Instagram des photos d'elle tenant un poussin devant des fleurs roses pour nous fêter joyeuses Pâques, faisant son jogging au petit matin ou affichant ses bonnes relations avec Donald Trump, même quand il insulte un à un les dirigeants de l'UE. « J'ai eu un très bon appel avec @POTUS », tweete-t-elle ce 7 mai, enchantée de son entente avec le président américain sur le nucléaire iranien et sur l'accord commercial « US-UE ». Au même moment, Trump déclare sur son réseau lui faire l'aumône d'un délai pour que l'UE abaisse ses tarifs douaniers à zéro, et menace d'en imposer de nouveaux.

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Cette approche, qui mêle proximité affichée et fermeté de façade, suscite des critiques croissantes au sein des institutions européennes. Certains estiment que la présidente de la Commission outrepasse son mandat en s'immisçant dans des domaines réservés aux États membres, tandis que d'autres saluent une visibilité nécessaire dans un contexte de défis existentiels pour l'Union.

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