Au sein de la classe politique, ils ne sont qu'une poignée à avoir raconté ce qu'ils avaient subi, enfants, l'horreur du viol ou de l'inceste. Des faits qu'ils ont longtemps tus avant de finir par se livrer. Alors que l'affaire Lyhanna soulève une onde de choc et que plusieurs élus réclament une loi contre les violences sexuelles, trois d'entre eux – le maire de Paris Emmanuel Grégoire et les anciens députés Bruno Questel et Aina Kuric (La République en marche) – ont retracé pour « le Nouvel Obs » l'instant où, au cours de leur mandat, ils ont fait le choix de témoigner des violences sexuelles dont ils ont été victimes pendant l'enfance.
Un phénomène massif mais peu de témoignages politiques
Toutes les trois minutes, un enfant est victime d'inceste, de viol ou d'agression sexuelle en France. Soit 160 000 chaque année, trois élèves par classe. Le phénomène est massif. Pourtant, les femmes et les hommes politiques à avoir témoigné se comptent sur les doigts d'une main. Comment expliquer cette rareté ? Qu'est-ce qui pousse certains à parler ou les en empêche ?
Le déclic du témoignage
Parfois, c'est la coïncidence de plusieurs épisodes – actualité ou faits personnels – qui provoque le témoignage. Le 24 novembre 2025, le futur maire de Paris Emmanuel Grégoire est invité sur France-Inter. Le timing est compliqué. Quelques jours plus tôt, son petit frère s'est suicidé. Le socialiste explique : « Si je ne le dis pas maintenant, je ne le dirai jamais. » Il raconte alors les abus subis dans son enfance.
Bruno Questel, ancien député, témoigne également. Il évoque le poids du silence et la difficulté de briser l'omerta. Aina Kuric, ex-députée LREM, raconte comment elle a choisi de parler pendant son mandat, malgré la peur du regard des autres.
Un sentiment partagé : il faut renverser la table
Tous sont un peu réticents à parler mais acceptent de nous raconter. Un sentiment revient : il faut renverser la table. Selon les données, environ trois élèves par classe sont victimes de violences sexuelles. Pourtant, au sein de la classe politique, rares sont les élus à avoir choisi de raconter des abus vécus lorsqu'ils étaient enfants. Emmanuel Grégoire, Bruno Questel et Aina Kuric font partie de ces rares élus.
Un appel à la loi
Alors que l'affaire Lyhanna provoque une onde de choc, plusieurs élus réclament une loi contre les violences sexuelles. Les témoignages de ces trois personnalités politiques visent à encourager d'autres victimes à parler et à briser le silence qui entoure ces violences.



