Vence : la hausse des impôts inévitable ? Le débat budgétaire enflamme le conseil municipal
Vence : hausse des impôts ? Le débat budgétaire enflamme le conseil

Un débat budgétaire houleux à Vence

La présentation du nouveau règlement budgétaire intégrant le Compte financier unique (CFU) 2025 a été l'occasion d'un vif débat au conseil municipal de Vence. Majorité et opposition ont affiché des visions très différentes de la situation financière de la ville, même si tous s'accordent sur sa fragilité.

Une dette jugée « inquiétante » par la majorité

Le premier adjoint aux Finances, Alexandre Pastorelly, a dressé un constat préoccupant, évoquant des dépenses qui augmentent plus vite que les recettes. Il a souligné la forte baisse de l'épargne nette, tombée à 435 000 euros, son plus bas niveau depuis 2014. Sans surprise, l'élu a surtout alerté sur le niveau de la dette communale. « Nous héritons d'un endettement inquiétant », a-t-il déclaré, en détaillant une dette estimée à 20 millions d'euros fin 2025. Il a rappelé que plusieurs projets restent encore à financer, comme la rénovation de la piscine, la sécurisation de la falaise des Baous ou la maison des seniors. La maire, Anne Sattonnet, a confirmé que « la dette pourrait approcher 26 millions d'euros ».

L'opposition dénonce une gestion passée

Dans les rangs de l'opposition, Patrice Miran (Objectif Vence) a livré une analyse sévère de la gestion de l'ancienne municipalité. Il a dénoncé des dépenses en hausse et des recettes stagnantes, conduisant selon lui à « une situation dramatique entre pression fiscale, dette élevée et faibles investissements ». Il a plaidé pour « une réorganisation profonde des dépenses ». Anne Sattonnet a reconnu que « la piste d'une hausse fiscale inévitable a été évoquée par les services à mon élection », tout en précisant « que ce n'est la volonté de personne ».

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Des analyses « beaucoup trop alarmistes » selon l'ancienne équipe

Cette lecture des finances communales a toutefois été contestée par Hafid Belhocine, ancien adjoint de Régis Lebigre. Jugeant les analyses de la majorité « beaucoup trop alarmistes », il a rappelé que l'endettement de la Ville atteignait déjà 21 millions d'euros entre 2014 et 2020, avec en plus un prêt différé de 6 millions d'euros. Il a défendu « le programme ambitieux de l'équipe précédente », citant notamment la rénovation des écoles, le renforcement de la police municipale, les navettes gratuites ou encore la relance des Nuits du Sud, malgré l'inflation, la hausse des charges et les pénalités SRU. Hafid Belhocine a également relativisé le niveau des « restes à réaliser », qu'il considère comme des dépenses habituelles en fin de mandat. Une analyse contestée par Alexandre Pastorelly.

Le logement social au cœur des débats

Le débat s'est ensuite déplacé sur la question du logement social. Jean-Louis Fiori (gauche-écologie) a estimé que « la situation financière reste fragile, mais pas catastrophique ». Il a critiqué le million d'euros d'amende payé au titre de la loi SRU, une « somme qui devrait servir aux écoles, aux associations ou aux services publics ». L'élu a plaidé pour une politique « plus juste et plus volontariste » en matière de logement social. Anne Sattonnet a contesté « une application uniforme de la loi SRU », estimant qu'il était impossible de comparer Vence à d'autres communes confrontées à des réalités différentes en matière de transports et d'emploi.

Un audit financier critiqué

Autre sujet de tension durant le conseil : l'annonce d'un audit financier confié à trois cabinets spécialisés. Une décision critiquée par Jean-Louis Fiori et Hafid Belhocine, qui préféraient une saisine gratuite de la Chambre régionale des comptes. « Nous avons besoin rapidement d'un état des lieux financier pour préparer les arbitrages à venir », a répondu Anne Sattonnet. À l'issue des débats, le CFU 2025 et l'affectation du résultat ont été adoptés.

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