Martine Vassal maintient sa candidature à Marseille malgré un score décevant
On la disait "déprimée", affectée par son maigre score de 12,5 % des suffrages aux municipales à Marseille, loin derrière Benoît Payan (PS) et Franck Allisio (RN). La candidate de la droite et du centre Martine Vassal a décidé ce lundi 16 mars de se maintenir au second tour du scrutin, malgré ses chances inexistantes de s'installer à l'hôtel de ville. "Entre la gauche de Monsieur Payan, l'extrême droite du RN et l'extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain. (...) Il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour", explique l'élue dans un communiqué.
Un enjeu stratégique majeur pour Les Républicains
Son maintien préserve LR d'une disparition locale. "Se retirer, c'est s'effacer", note en privé le président de LR Bruno Retailleau. Le Vendéen a échangé dès dimanche soir avec Martine Vassal pour la convaincre de rester en piste. Son cas s'est invité lors d'une visioconférence organisée lundi par le président du Sénat Gérard Larcher et des cadres du bloc central.
"Elle a la mission d'aller au bout", confie un participant. Martine Vassal reste en course, et la droite souffle. Les responsables LR mesurent combien un retrait de la Présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence risquait de renforcer le Rassemblement national au second tour.
Le front républicain a muté
À droite, le front républicain a muté : hier, il impliquait un retrait afin d'offrir des voix à la gauche. Aujourd'hui, il commande parfois le maintien des candidatures de droite pour éviter toute hémorragie vers le RN. Une donne déjà observée lors des dernières législatives. "Si Vassal se retire, est-ce qu'on n’apporte pas des voix à Allisio ?", s'interrogeait récemment un cadre LR des Alpes-Maritimes.
L'ambivalence stratégique de Les Républicains
Un pilier du socle commun confirme : "L'appareil LR ne veut pas nourrir le sentiment qu'il pourrait favoriser l'extrême droite." Le maintien de Martine Vassal est d'autant plus facile à défendre que Benoît Payan a refusé de s'allier au second tour avec l'insoumis Sébastien Delogu. La droite, qui érige LFI en menace politique suprême, aurait été davantage embarrassée par une telle alliance.
Marseille illustre l'ambivalence des Républicains. La formation de Bruno Retailleau refuse toute union des droites, qui signerait son absorption par le Rassemblement national. Mais en érigeant la gauche en adversaire principal, elle s'expose en procès en incohérence du RN quand elle ne se montre pas en soutien de l'extrême droite.
"Les électeurs de Madame Vassal voulaient battre la gauche et l’extrême gauche. Je les appelle à me rejoindre, mais j’appelle également Madame Vassal à me rejoindre. La politique du pire n’est jamais la bonne solution", assurait sur France Info lundi Franck Allisio. Mais la droite n'a pas d'autre choix que de manier cette ambiguïté, gage de sa singularité et, surtout, de sa survie.



