Les socialistes Boris Vallaud et Olivier Faure appellent tous les deux à « l’union », mais restent en désaccord
Le patron des députés socialistes, Boris Vallaud, a lancé ce lundi matin un « appel à l’union » sur France Inter. En parallèle, le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, interrogé sur franceinfo, dit rechercher « l’unité ». Derrière cet accord de façade demeure un désaccord dont il est parfois difficile de percevoir les tenants et les aboutissants, tant les deux responsables politiques semblent tenir une ligne très proche.
La crise a commencé vendredi dernier, quand Boris Vallaud a annoncé quitter la direction du PS. Il a mis en cause Olivier Faure, lui reprochant de « décider seul » et de refuser « dialogue et recherche de compromis » sur la stratégie pour la présidentielle. Dans un courrier, il dénonce une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » des instances du parti ainsi qu’une « stratégie d’isolement et d’enlisement ».
Un sursaut pour contrer l'extrême droite
« L’extrême droite, les ennemis mortels de la démocratie, sont aux portes du pouvoir. Tout le monde est en campagne, pas nous », déplore Boris Vallaud. « Ma démission, ce n’est pas la crise. C’est un sursaut. La crise c’est le silence et ne pas proposer de chemin alternatif. Ma démission c’est dire que ce n’est pas trop tard », ajoute-t-il. Sur ce « chemin » qu’il veut suivre jusqu’à la présidentielle de 2027, Boris Vallaud dit vouloir « l’union de la gauche, de Glucksmann à Ruffin, ce dont Hollande ne veut pas ».
Des « rencontres de la nouvelle gauche plurielle »
À ce stade, les deux hommes semblent d’accord. Olivier Faure estime que « l’extrême droite peut l’emporter à la présidentielle et nous devons éviter toute forme d’irresponsabilité ». Il souhaite donc « rassembler l’ensemble de la gauche non mélenchoniste pour accéder au second tour puis rassembler l’ensemble des Français pour l’emporter. Nous devons parvenir, à un moment, à une entente globale avec un accord sur un projet. » « Boris Vallaud veut réunir de Glucksmann à Ruffin, c’est ce que nous proposons. J’essaye donc de comprendre. »
C’est peut-être sur la méthode qu’un désaccord existe. Boris Vallaud ne veut pas de primaire à gauche. Mais sur la manière d’aboutir à un candidat de la gauche, il semble pourtant être proche de la ligne d’Olivier Faure. « J’ai demandé que nous votions sur un programme, sur le candidat socialiste et que nous tranchions sur un processus, la primaire ou la coalition. Mais quelle que soit la décision je la suivrai », déclare Vallaud. « Je propose que sans délai nous provoquions des rencontres de la nouvelle gauche plurielle. Je note que nous voulons tous un programme commun. C’est ce qui a prévalu à l’union de la gauche dans l’histoire. »
Divergence sur l'hégémonie
Pour Olivier Faure, « aucun parti n’est hégémonique à gauche ». Il déclare : « Si c’est pour faire une gauche plurielle, c’est ce que nous essayons de faire, y compris la semaine dernière avec Boris Vallaud. On ne peut pas dire être dans une forme d’isolement et se couper de nos partenaires. » C’est à ce moment que commence à poindre une divergence. Olivier Faure met l’accent sur la nécessité de parler d’abord avec les autres partis. « Je regrette qu’on laisse penser que le PS puisse gagner la présidentielle et les législatives seul. Aucun parti n’est hégémonique à gauche. À quoi cela servirait de dire qu’on va avancer seul et de voir si les autres suivent ? »
Au final, contrairement à la position du maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Boumarane, qui demande la démission d’Oliver Faure, Boris Vallaud assure que « ce n’est pas ce que je considère ». Interrogé sur le fait que Jean-Luc Mélenchon (LFI) peut se dire que, dans son parti, « c’est carré » avec un candidat, lui-même, déjà choisi alors qu’au PS « on ne comprend pas grand-chose », le patron des députés socialistes appelle « à l’union, à la responsabilité et à l’espoir ». Et de retomber d’accord avec Olivier Faure. Pour ce dernier, « la discussion est tendue, mais je crois qu’à un moment il faut trouver une solution ». « Le congrès permanent ce n’est pas possible. L’unité est plus belle que la division. »



