Toulon : le soutien de Cendrine Blot à Laure Lavalette ravive les souvenirs du mandat Le Chevallier
Toulon : le soutien de Cendrine Blot ravive les souvenirs du mandat Le Chevallier

Un soutien qui fait polémique à Toulon

Le nom de Cendrine Blot ne résonne guère au-delà des cercles spécialisés de l'extrême droite ou de la scène politique toulonnaise. Pourtant, sa simple évocation suffit à ranimer de vieux démons sur la rade de Toulon, où son passé politique reste un sujet sensible.

Un message Facebook qui relance les débats

Le 6 janvier, Cendrine Blot a publié sur Facebook un message chaleureux d'encouragement à l'intention de Laure Lavalette, candidate du Rassemblement national (RN) aux prochaines élections municipales dans la préfecture du Var. Ce geste, en apparence anodin, prend une dimension particulière lorsqu'on se souvient du rôle qu'elle a joué dans l'histoire politique locale.

En 1995, elle accompagnait en effet la conquête de la ville par son époux de l'époque, Jean-Marie Le Chevallier, devenant ainsi la première adjointe du premier maire Front national (FN, devenu RN en 2018) à diriger une commune de plus de 100 000 habitants en France. Trente ans plus tard, ce soutien public est perçu par beaucoup comme un véritable baiser de la mort pour la campagne de Laure Lavalette.

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Un mandat qui laisse des traces

Le mandat de Jean-Marie Le Chevallier à la mairie de Toulon est souvent décrit comme déplorable par ses détracteurs, marqué par des polémiques et des tensions qui ont durablement marqué la vie municipale. L'équipe de Laure Lavalette a d'ailleurs vu dans la publication de Var-Matin du 10 janvier, qui relevait les propos de Cendrine Blot, une forme de quasi-complot médiatique visant à associer sa candidature à ce passé controversé.

Comme le résume un observateur local : « On sait ce que ça a donné », faisant référence aux conséquences du mandat Le Chevallier sur la ville et sa réputation.

Un contexte politique favorable au RN ?

La situation politique actuelle à Toulon présente certaines similitudes avec celle des années 1990, ce qui pourrait jouer en faveur du Rassemblement national :

  • Une droite locale divisée et affaiblie par la chute judiciaire d'Hubert Falco, maire Les Républicains puis Horizons de 2001 à 2023.
  • Une gauche désunie et sans projet fédérateur fort.
  • Une adhésion plus marquée que la moyenne nationale aux thèmes identitaires et à la critique de l'immigration, chers à l'extrême droite.

Ces éléments pourraient permettre au RN de capitaliser sur un mécontentement latent et de reproduire, en partie, la configuration qui avait porté Jean-Marie Le Chevallier à l'hôtel de ville il y a trois décennies. La candidature de Laure Lavalette s'inscrit dans cette dynamique, mais doit composer avec l'héritage encombrant de ses prédécesseurs frontistes.

Le soutien de Cendrine Blot, bien que symbolique, rappelle ainsi que l'histoire politique de Toulon reste étroitement liée à celle du Front national et de ses mutations, et que les vieux démons de la rade ne demandent qu'à resurgir à la faveur des prochaines échéances électorales.

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