Métropole de Toulon : Josée Massi en passe de présider, le RN écarté des vice-présidences ?
Les tractations vont bon train à la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée alors que les élus se réuniront le 9 avril pour leur conseil d'installation. La future gouvernance commence à se dessiner, et les premières tensions entre majorité et opposition pourraient apparaître rapidement.
Une présidence pour Josée Massi
Le jeudi 9 avril, les 89 conseillers métropolitains éliront le nouveau président de Toulon-Provence-Méditerranée mais aussi une quinzaine de vice-présidents. Les élus n'attendront pas cette date pour évoquer la répartition des rôles dans cette assemblée largement renouvelée. À vrai dire, les discussions ont commencé dès le lundi 23 mars, au lendemain du second tour des municipales, et n'ont pas cessé depuis.
Si l'hypothèse d'une présidence Rassemblement national semblait écartée avec la défaite de Laure Lavalette à Toulon, l'importance de son groupe au conseil métropolitain (29 élus sur 89) aurait pu lui donner l'envie de jouer les faiseurs de roi… ou de reine. Et il semble bien -plusieurs conseillers l'ont confirmé- que de « séduisantes » propositions ont été faites à certains.
Il faut dire que les tensions entre maires ou élus de la majorité sortante sont un secret de polichinelle. Autant de brèches dans lesquelles le RN aurait pu tenter de s'engouffrer. A priori, il n'en sera rien.
Hache de guerre enterrée
« C'est de l'histoire ancienne, les différends ont été aplanis », assure un éminent représentant de la majorité sortante. Josée Massi et Jean-Louis Masson (premier adjoint au maire de La Garde, président du Département) ont échangé quelques jours après le scrutin municipal, ouvrant la porte à une candidature unique de la maire de Toulon pour TPM.
Un poste que la première magistrate a clairement annoncé briguer tout au long de la campagne, estimant qu'il est légitime que le fauteuil revienne à Toulon, eu égard à son poids dans l'intercommunalité. « Les échanges que nous avons eus vont dans ce sens : avancer, et se concentrer sur l'essentiel, les incompréhensions appartiennent au passé », nous indique Josée Massi, confirmant au passage que « si une candidature de rassemblement se dessine, c'est une bonne chose ».
Les maires RN privés de vice-présidences ?
Mais la maire de Toulon sera-t-elle la seule candidate le 9 avril ? Rien n'est moins sûr. Il y a des chances que le groupe minoritaire (UDR-RN) propose, au moins pour la forme, un candidat. Peut-être le nouveau maire de La Valette Julien Argento ?
Mais au-delà de la question du successeur de Jean-Pierre Giran, président sortant et maire de Hyères battu, la question des vice-présidences se pose également. Et pourrait être l'un des premiers marqueurs politiques de ce mandat.
Historiquement, tous les maires de l'agglomération -puis de la Métropole- ont toujours eu le titre de vice-président. Y compris lorsqu'ils étaient d'un bord politique différent. Ce fut le cas de Marc Vuillemot, maire socialiste de La Seyne de 2008 à 2020.
Cette tradition sera-t-elle maintenue, alors que trois communes ont élu un premier magistrat RN ou UDR (La Seyne, Six-Fours et La Valette) ? Rien n'est moins sûr. Plusieurs membres de la « nouvelle » majorité nous indiquent que les maires estampillés à l'extrême droite ne bénéficieraient pas de vice-présidence dans le nouvel organigramme.
Dorian Munoz, Frédéric Boccaletti et Julien Argento se verraient ainsi privés de ce titre qui confère des responsabilités politiques (et des indemnités) mais siégeraient toutefois, et automatiquement, au sein du bureau métropolitain, l'une des principales instances de TPM.
Si la décision semblait actée ce mardi, les choses sont encore susceptibles d'évoluer. Josée Massi n'a pas souhaité commenter cette question, précisant tout juste que « c'est en cours de discussion ». Les élus de la majorité doivent se reparler d'ici cette fin de semaine (probablement ce jeudi) pour arrêter une position définitive.
« Mais le problème est insoluble, résume l'un de ses membres. Si on leur laisse des vice-présidences, on nous reprochera de travailler avec eux ; et s'ils n'en ont pas, on va dire qu'on met à l'écart certaines communes du territoire. » Et non des moindres.
« Une volonté de nous humilier »
L'hypothèse que les maires RN soient écartés des postes de vice-présidents fait bondir du côté du parti lepéniste. « Il y a une volonté claire de nous humilier, de la part de Josée Massi et de son ami Jean-Louis Masson », persifle-t-on dans l'entourage de Laure Lavalette.
La députée, opposante n°1 au conseil municipal de Toulon, a échangé ce mardi avec la maire réélue. « Que le maire de Six-Fours ne soit pas vice-président ? Ce serait un déni de démocratie et une rupture par rapport à ce que pratiquait Hubert Falco », abonde de son côté Frédéric Boccaletti, qui n'a pas encore eu l'occasion d'échanger sur le sujet avec Josée Massi, mais assure avoir parlé à d'autres maires « majoritaires » pas forcément à l'aise avec la ligne « majoritaire ».
À suivre…



