Sécurité municipale à Cubzaguais : les candidats divisés sur les solutions face à l'insécurité
Sécurité municipale : les candidats cubzaguais divisés sur les solutions

La sécurité, enjeu majeur de la campagne municipale cubzaguais

Comme dans de nombreuses communes françaises, la sécurité constitue un thème central de la campagne municipale cubzaguais. Les cinq têtes de liste s'accordent unanimement sur l'importance de cette préoccupation dans le débat public. Pierre Le Camus, candidat du Rassemblement national, observe que « les gens en parlent beaucoup et cela revient spontanément » lors des rencontres avec les électeurs.

Distinction entre sécurité réelle et sentiment d'insécurité

Mickaël Courseaux, premier adjoint de Célia Monseigne et candidat à sa succession, nuance cependant cette perception : « C'est un réel sujet. Après, il y a deux choses, la sécurité et le sentiment d'insécurité mais il faut les traiter au même niveau ». Cette distinction entre réalité statistique et perception citoyenne traverse l'ensemble des propositions des candidats.

Les chiffres officiels font l'objet d'interprétations divergentes. Selon le collectif citoyen La Voix des habitants, dirigé par Thierry Lièvre-Cormier, les données de 2024 placent la commune « parmi les 10 à 15 % des villes les plus dangereuses de France et les 3 à 4 % de la région », avec « 58 crimes ou délits pour 1 000 habitants ».

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

À l'inverse, Michel Vilatte, candidat La France Insoumise, relativise cette situation : « Saint-André n'est pas Chicago ». Il avance des chiffres du ministère de l'Intérieur pour 2025 indiquant un « taux de risque de crimes et délits de 4,48 % », inférieur à Bordeaux (9,50 %) et Angoulême (7,6 %). « C'est donc plus faible qu'ailleurs même si ce n'est pas satisfaisant. On ne nie pas le problème », précise-t-il.

Nature des préoccupations sécuritaires

Les actes qui préoccupent les habitants sont variés :

  • Incivilités quotidiennes autour des bornes de collecte des ordures ménagères
  • Insécurité routière
  • Violences intrafamiliales
  • Trafic de drogue

Pierre Le Camus pointe une cause spécifique : « Cette insécurité vient, notamment, de populations de Bordeaux dont l'arrivée à Saint-André est problématique, notamment sur la drogue ». Mickaël Courseaux offre une analyse plus sociologique : « Nous sommes dans une ville de plus de 10 000 habitants, les gens ne se connaissent pas tous, alors cela peut alimenter la peur, le sentiment d'insécurité quand il y a des regroupements de personnes sur la voie publique ».

Renforcement de la police municipale : consensus sur le principe, divergences sur l'exécution

Présence visible et missions clarifiées

Tous les candidats s'accordent sur la nécessité de renforcer la présence de la police municipale. Éric Charrier, leader de la liste de droite, propose de « clarifier sa mission » et de « faire un constat avec les policiers et à partir de là des préconisations ». Son objectif : « pouvoir mettre un policier devant chaque groupe scolaire le matin », sans exclure d'« armer la police municipale si besoin ».

Patrick Viguier, gendarme retraité présent sur la liste citoyenne, insiste sur l'aspect psychologique : « Il faut faire du présentiel, montrer du bleu, ça permettrait de rassurer les gens le soir, notamment les commerçants ».

Débat sur les effectifs et leur financement

Le renforcement des effectifs fait cependant l'objet de vifs désaccords. Pierre Le Camus est catégorique : « Ils sont aujourd'hui quatre, il faut multiplier l'effectif par quatre. La norme nationale est d'un policier pour 1 000 habitants, il faudrait arriver au moins à 15 ».

Mickaël Courseaux met en garde contre les conséquences budgétaires : « Sachant que le coût du personnel municipal représente déjà 60 % du budget de fonctionnement, il faudrait rogner sur autre chose ». Le candidat RN assume cette stratégie : « On trouvera des marges de manœuvre ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Michel Vilatte, qui ne recruterait que deux policiers supplémentaires, privilégie une approche qualitative : « Il faut qu'on puisse les voir en soirée jusqu'après la fermeture des magasins ». Éric Charrier ajoute : « Qu'on puisse les voir dans tous les quartiers et pas seulement en centre-ville ».

Autres propositions pour améliorer la sécurité

Plusieurs autres mesures sont évoquées par les candidats :

  1. Collaboration renforcée entre police municipale et gendarmerie, avec des patrouilles communes suggérées par Éric Charrier
  2. Dynamisation du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, dont Patrick Viguier déplore l'existence « apparemment que sur le papier »
  3. Création de réseaux de vigilance citoyenne proposée par Mickaël Courseaux et Thierry Lièvre-Cormier
  4. Augmentation de la vidéosurveillance défendue par Pierre Le Camus

Sur ce dernier point, Éric Charrier préfère « vérifier que le système en place fonctionne correctement et si les caméras sont efficacement placées et orientées ». Michel Vilatte critique le coût de cet investissement : « 75 000 euros votés lors du dernier Conseil municipal, sans compter la maintenance ».

La campagne municipale cubzaguais révèle ainsi des approches profondément différentes face à un enjeu qui préoccupe l'ensemble des habitants. Si le diagnostic partagé reconnaît l'importance du sentiment d'insécurité, les remèdes proposés varient considérablement selon les sensibilités politiques et les conceptions de l'action publique en matière de sécurité.