Saint-Tropez : tensions autour du budget, entre endettement et transferts du port
Saint-Tropez : tensions autour du budget municipal

L'examen du compte financier 2025 et des projections pour 2026 a donné lieu à un échange particulièrement tendu lors du dernier conseil municipal de Saint-Tropez. L'élue d'opposition Christine Blanc a pointé du doigt un endettement record, la volatilité des taxes locales et des transferts massifs depuis le budget du port, s'attirant les répliques cinglantes de la majorité.

Des impôts locaux en baisse mais une dépendance accrue

Christine Blanc a souligné un tassement du montant de la taxe foncière et de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires sur la période 2023-2025, avec une diminution de 3,1 millions d'euros en 2024 et une projection à 2,25 millions en 2026. Selon elle, cette trajectoire pourrait se poursuivre, la fiscalité locale reposant principalement sur les propriétaires de résidences secondaires. Elle a également noté une dépendance accrue à la taxe additionnelle des droits de mutation, qui s'élève à un montant record de 9,2 millions d'euros en 2025, soit 30 % du total des impôts et taxes du budget principal.

Des charges en hausse et un endettement record

L'élue s'est inquiétée des charges à caractère général du budget 2026, prévues en augmentation, et a dénoncé un emprunt record envisagé de 4,5 millions d'euros, du jamais vu depuis 2008. Le niveau d'endettement total atteint 45 millions d'euros, soit 12 500 euros par habitant. Elle a interrogé la municipalité sur la soutenabilité à long terme d'un modèle reposant sur des recettes volatiles et un recours toujours plus important à l'emprunt.

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Des transferts massifs depuis le port et les parkings

Christine Blanc a également relevé une dépendance accrue aux budgets annexes du port et des parkings, avec une augmentation continue depuis 2023 des redevances versées au budget principal. La progression est spectaculaire : de 750 000 euros en 2022 à 1,8 million en 2023, 2,4 millions en 2024 et 2025, et 3,7 millions prévus en 2026. Elle a rappelé une recommandation de la Cour des comptes en 2017, selon laquelle ces transferts doivent rester exceptionnels, et a suggéré une nouvelle gouvernance du port sous forme de société publique locale (SPL).

La majorité défend sa gestion

Le directeur général des services, Benoît Ravix, a expliqué que la redevance est désormais calculée sur un pourcentage du chiffre d'affaires : 40 % pour le budget parc et stationnement, 23 % pour le port, avec l'objectif d'atteindre un niveau similaire. Il a rejeté l'idée d'une SPL, estimant qu'il serait impossible de récupérer ces sommes de manière transparente. L'adjoint Michel Perrault a qualifié la proposition de « fausse bonne idée » et a affirmé que tous les budgets annexes dégagent des résultats positifs, preuve d'une gestion saine. Christine Blanc a regretté l'absence de Michel Simon, délégué aux finances, avec qui elle pouvait discuter, qualifiant les interventions de Perrault de « superficialités ». Ce dernier a assumé son rôle, mettant fin aux échanges.

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