Sabine Gervais défend l'aide à mourir face aux réticences à l'Assemblée
Sabine Gervais défend l'aide à mourir face aux réticences

L'examen de la proposition de loi ouvrant un droit à une aide à mourir a repris à l'Assemblée nationale le 22 juin 2026, avant un ultime vote prévu le 15 juillet. Parmi les défenseurs du texte, la députée démocrate et infirmière de formation Sabine Gervais, élue de Charente-Maritime, s'exprime sur les enjeux des dernières discussions.

Un climat d'obstruction parlementaire

Sabine Gervais dénonce un « tunnel d'amendements » : 1 580 propositions ont été déposées, ce qu'elle qualifie d'« obstruction parlementaire ». Les débats ont débuté par une motion de rejet préalable du député LR Patrick Hetzel, rejetée. À lui seul, Gérault Verny (UDR) a déposé 600 amendements. « On peut être pour ou contre le texte, mais il n'est pas acceptable de répandre des mensonges », affirme-t-elle, citant des affirmations erronées selon lesquelles l'aide à mourir concernerait un million de personnes ou viserait les personnes handicapées.

La peur de la mort derrière les réticences

Pour l'infirmière de formation, « derrière ces réticences transparaît une peur de la mort que certains n'arrivent pas à dépasser ». Elle estime que la mort reste un sujet tabou, peu abordé à l'école. En tant que soignante, elle rappelle que les soins palliatifs ne soulagent pas toutes les souffrances : « Quand une personne atteinte d'un cancer se trouve en phase terminale, je ne vois pas l'intérêt de prolonger ses douleurs atroces trois semaines de plus. »

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Points de tension autour du texte

Les principaux désaccords portent sur la terminologie : la droite et le Rassemblement national veulent réintroduire les termes « suicide assisté » et « euthanasie », alors que le texte utilise « aide à mourir ». Les délits d'incitation et d'entrave, supprimés en commission, pourraient être rediscutés. Sabine Gervais note une volonté politique forte, notamment de la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet et du ministre Laurent Panifous.

Réponse à la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs

Interrogée sur l'offensive de la SFAP contre la proposition de loi, Sabine Gervais estime que l'association « se voile la face » en affirmant que les soins palliatifs peuvent tout soulager. Elle évoque son expérience personnelle : au début de sa carrière, elle a administré un cocktail lytique à un patient en coma, sans regret. « Quel est l'intérêt de vivre quelques jours de plus dans ces conditions ? »

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