Le Rassemblement national sanctionne sévèrement son candidat à Dunkerque
Une annonce qui fait tache dans le paysage politique local. Le Rassemblement national (RN) a officiellement retiré son investiture à Adrien Nave, qui devait mener la liste du parti aux prochaines élections municipales de Dunkerque. Cette décision radicale intervient après la découverte, par la direction du parti, de la présence sur la liste officiellement déposée d'une figure controversée du mouvement royaliste de l'Action française.
Une dissimulation délibérée dénoncée par le RN
Dans un communiqué ferme, le parti d'extrême droite a expliqué que son candidat n'a « rien respecté » des conditions attachées à son investiture, pourtant « acceptées sans réserve » initialement. Sébastien Chenu, vice-président du RN, a été particulièrement virulent dans ses accusations. Il a affirmé que « les documents transmis au mouvement et la composition réelle » de la liste enregistrée en sous-préfecture « révèlent une dissimulation délibérée » de la part d'Adrien Nave.
Le délégué départemental adjoint du RN dans les Flandres, Maxence Accart, qui figurait pourtant dans les noms initialement fournis par le candidat, aurait été « retiré de la liste définitive déposée en sous-préfecture de Dunkerque ». À sa place, en septième position, se trouve Antoine La Scola, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme d'Antoine Grosjean, qui se présente comme porte-parole de l'Action française.
Une trahison aux conséquences immédiates
Sébastien Chenu a qualifié cette substitution de « trahison » qui ne saurait rester « sans conséquences ». Le mouvement royaliste de l'Action française est décrit par le RN comme un groupe d'ultra-droite « éloigné des valeurs portées par le Rassemblement national ». Outre le retrait immédiat de l'investiture, Adrien Nave, qui siège au conseil régional des Hauts-de-France, a été convoqué « en commission des conflits en vue d'une exclusion » du parti.
Contacté par l'AFP dans la foulée de cette annonce, l'élu concerné n'était pas joignable pour fournir sa version des faits. Cette affaire rappelle un précédent récent où le RN avait déjà retiré son investiture à Christian Richaud Simoni, tête de liste à Carpentras dans le Vaucluse, début février. Cette décision faisait suite à la révélation par le journal Libération d'anciens tweets au contenu raciste et sexiste publiés par le candidat.
Les élections municipales de 2026 approchent à grands pas, avec les scrutins prévus les 15 et 22 mars 2026. Cet incident illustre les tensions internes et les exigences de contrôle que maintient le Rassemblement national sur ses candidats et leurs équipes de campagne, particulièrement sensibles aux associations pouvant nuire à l'image du parti.



