Le RN retire son investiture à Belfort après des tweets polémiques du candidat
RN retire investiture à Belfort pour tweets polémiques

Le RN retire son investiture à Belfort après des tweets polémiques du candidat

Le Rassemblement national (RN) a officiellement retiré son investiture pour les élections municipales à Quentin Macullo, candidat à Belfort, a annoncé le parti d'extrême droite à l'Agence France-Presse (AFP) ce lundi 9 février. Cette décision confirme une information initialement rapportée par la radio locale Ici Belfort-Montbéliard, mettant en lumière des publications passées sur les réseaux sociaux qui ont conduit à cette mesure.

Des tweets controversés révélés par Mediapart

Désigné en octobre dernier, Quentin Macullo, âgé de 23 ans, a été rattrapé par ses anciennes publications en ligne. Un tweet datant de 2022, révélé par Mediapart, a particulièrement attiré l'attention. Dans ce message, M. Macullo dénombrait « 72 % de prénoms à consonances étrangères au dernier recensement des naissances à Belfort », se référant à 18 des 25 nouveau-nés mentionnés dans le bulletin municipal de juin de cette année. Il avait ajouté : « Je n'ai même pas comptabilisé Elie et Samuel d'origine hébraïque », insistant sur cette observation.

Malgré son jeune âge, Quentin Macullo occupait des responsabilités significatives au sein du RN. Il était responsable du mouvement de jeunesse du parti et numéro deux du RN dans son département. De plus, depuis l'été 2024, il servait comme assistant parlementaire du député RN Guillaume Bigot, illustrant son intégration dans les structures du parti.

Défense initiale et revirement du RN

Malgré la polémique naissante, la candidature de M. Macullo était encore défendue fin janvier par un cadre du mouvement, Jean-Philippe Tanguy. Ce dernier avait jugé ces messages « pas racistes ou antisémites en soi » et, après avoir auditionné l'intéressé, avait déclaré que « il s'est avéré que ce n'était pas le cas ». Cette position initiale contrastait avec la décision finale de retrait d'investiture.

Interrogé en début d'année sur plusieurs cas similaires, dont celui-ci, le président du RN, Jordan Bardella, avait affirmé que son parti « retirerait l'investiture » à des candidats si des éléments « pas découverts par le passé » étaient mis au jour. Cette déclaration préfigurait les actions récentes du parti face à des candidats controversés.

Des précédents embarrassants pour le parti

Le retrait d'investiture à Quentin Macullo s'inscrit dans une série de mesures similaires prises par le RN récemment. Le parti a dû sévir à Condat-sur-Vienne contre un candidat qui attribuait le massacre d'Oradour-sur-Glane en 1944 à des « Ukrainiens nazifiés ». De même, à Carpentras, l'ex-tête de liste a été écartée après que plusieurs tweets sexistes et racistes remontant à 2017 ont été exhumés par le journal Libération.

Lors des législatives de 2024, des dizaines de candidats RN avaient déjà été épinglés pour des propos publiés sur les réseaux sociaux, souvent à caractère raciste. Malgré l'ampleur de ce phénomène, Jordan Bardella avait tenté de le minimiser en qualifiant ces individus de « brebis galeuses » au sein des rangs du parti.

La ligne de conduite affirmée par Bardella

Au cours d'un déplacement dans le sud de la France, M. Bardella a réitéré sa position en pointant une minorité de « personnalités qui tentent de se greffer » au parti. Il a martelé que « [sa] main n'a jamais tremblé et ne tremblera pas » pour exclure ceux qui ont « une attitude, des propos ou des positions politiques contraires à la ligne du parti ». Cette déclaration vise à renforcer l'image d'un parti soucieux de maintenir une cohérence idéologique et éthique.

Ces incidents soulignent les défis récurrents auxquels le RN est confronté dans la gestion de ses candidats, particulièrement en période électorale. La vigilance accrue sur les réseaux sociaux et la médiatisation des propos passés continuent de tester la capacité du parti à contrôler son image et à appliquer ses propres standards.