Le RN dénonce l'État comme 'profiteur de crise' sur les carburants
RN : l'État accusé de profiter de la hausse des carburants

Le Rassemblement national intensifie son offensive sur les prix du carburant

Depuis le début du conflit en Iran, le Rassemblement national a érigé la lutte contre la flambée des prix du carburant en priorité absolue. Cette position, parfois éloignée des réalités économiques, s'est traduite par des demandes répétées de baisse des taxes sur l'énergie. Début mars, Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient déjà réclamé conjointement des mesures fiscales allégées. La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale a récemment renforcé sa critique en ciblant directement l'État français.

Une accusation frontale lors des réunions parlementaires

Comme chaque semaine, les présidents des groupes de l'Assemblée nationale se sont réunis le 24 mars pour définir les priorités législatives. À l'issue de ces échanges, Marine Le Pen s'est adressée aux journalistes en des termes particulièrement vigoureux. Elle a accusé l'État de "se comporter comme un profiteur de crise", affirmant que les caisses publiques se remplissaient de "recettes indues" et "supplémentaires par rapport aux prévisions budgétaires".

Selon la cheffe des députés RN, cette situation résulterait directement de la hausse des prix du carburant, qui entraînerait mécaniquement une augmentation des recettes fiscales. Elle a spécifiquement mentionné le "renflement des recettes grâce à la TICPE et grâce à la TVA", deux impôts qui pèsent lourdement sur les produits pétroliers.

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Un raisonnement économique largement contesté

Cette analyse fait cependant l'objet de vives contestations parmi les experts économiques. En réalité, seule la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), fixée à 20% sur les produits pétroliers, voit ses recettes augmenter lorsque les prix du carburant montent. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), elle, reste strictement inchangée quelles que soient les fluctuations des prix à la pompe.

"Autrement dit, seule une petite partie de la hausse bénéficie effectivement à l'État", explique Éric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management. Cette nuance fondamentale remet en perspective l'accusation portée par le Rassemblement national, qui semble surévaluer l'impact financier pour les finances publiques.

Les économistes rappellent également que l'État subit parallèlement des pertes importantes dans d'autres domaines liés à l'énergie, notamment à travers les mécanismes de compensation et les aides accordées aux ménages et aux entreprises les plus vulnérables. La situation globale est donc bien plus complexe que ne le laissent entendre les déclarations politiques.

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