Réforme des institutions : une inaction coûteuse selon le CAE
Réforme des institutions : une inaction coûteuse

L'absence de réforme des institutions en France représente un coût économique et démocratique significatif, selon une note du Conseil d'analyse économique (CAE) publiée mardi 23 juin. Les économistes estiment que l'inaction coûte environ 0,5 point de produit intérieur brut (PIB) par an, soit près de 12 milliards d'euros, en raison de la perte de confiance des citoyens et des investisseurs.

Un diagnostic sans appel

La note, intitulée « Pour une réforme des institutions : sortir de l'immobilisme », a été rédigée par les économistes Philippe Aghion, Olivier Blanchard et Jean Tirole. Ils y dénoncent un « déficit de confiance » qui pèse sur la croissance et la stabilité politique. « Le système actuel génère une défiance chronique, qui se traduit par une moindre propension à investir et à innover », explique Philippe Aghion.

Selon le CAE, la France se distingue par un « hyperprésidentialisme » qui paralyse l'action publique. Les auteurs préconisent une réforme du mode de scrutin, un renforcement du Parlement et une limitation du recours au 49.3. « Il ne s'agit pas de copier un modèle étranger, mais d'adapter nos institutions aux défis du XXIe siècle », précise Olivier Blanchard.

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Un coût démocratique élevé

Au-delà de l'impact économique, le CAE souligne le coût démocratique de l'immobilisme. La défiance envers les institutions se traduit par une abstention record et une montée des extrêmes. « La confiance est un actif immatériel essentiel. Sa dégradation entraîne un cercle vicieux de méfiance et d'inefficacité », écrit Jean Tirole.

Les économistes recommandent notamment d'introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, de renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement et de créer une Haute Autorité pour l'évaluation des politiques publiques. Ces mesures visent à restaurer la crédibilité du système politique.

Des pistes de réforme concrètes

La note propose également de limiter le cumul des mandats dans le temps, d'instaurer un référendum d'initiative citoyenne encadré et de réformer le Conseil supérieur de la magistrature. « Ces réformes sont réalistes et ne nécessitent pas de révision constitutionnelle majeure », assure Philippe Aghion.

Le CAE insiste sur l'urgence d'agir. « Chaque année sans réforme aggrave la situation. Le coût de l'inaction est bien supérieur à celui des réformes », conclut la note. Le document a été transmis à l'Élysée et à Matignon, mais aucune réaction officielle n'a été enregistrée à ce stade.

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