Le recours de la gauche permet à Éric Ciotti de conserver son siège de député
La liste « Unis pour Nice », conduite par Juliette Chesnel-Le Roux, a contesté le résultat de l’élection municipale de Nice, espérant obtenir un conseiller municipal supplémentaire pour l’opposition. Cependant, cette démarche offre involontairement un sursis à Éric Ciotti, lui permettant de conserver son siège à l’Assemblée nationale.
Un cadeau inattendu pour le député
À la veille du second tour, l’ancien maire Christian Estrosi avait accusé la candidate de gauche de « faire le jeu de l’extrême droite ». Quelques jours après le scrutin, le nouveau maire de Nice peut la remercier, car le recours judiciaire introduit par la gauche permet à Éric Ciotti de prolonger son mandat parlementaire.
Les colistiers de gauche ont saisi le juge des élections, alléguant des irrégularités dans 32 bureaux de votes, telles que des ratures, des incohérences ou des signatures différentes. Ils espèrent ainsi récupérer les 18 voix manquantes pour un cinquième conseiller municipal.
Une loi contournée grâce au contentieux
Élu maire le 22 mars 2026, Éric Ciotti était soumis à la loi contre le cumul des mandats, qui lui donnait trente jours pour démissionner de l’Assemblée nationale. Le recours devant le tribunal administratif lui offre désormais la possibilité d’attendre la résolution définitive du contentieux par le Conseil d’État.
Cette disposition a déjà bénéficié à Christian Estrosi en 2015, lui permettant de siéger huit mois de plus à l’Assemblée après son élection à la tête de la Région. Pour Éric Ciotti, patron de l’Union des droites pour la République, c’est une aubaine qui retarde son départ du Palais Bourbon.
Acte de résistance ou opportunité politique ?
Le communiste Julien Picot a qualifié ce recours de « premier acte de la résistance » contre la majorité municipale niçoise alliée au Rassemblement national. Pourtant, il sert indirectement les intérêts d’Éric Ciotti, offrant un répit inattendu dans un contexte politique tendu.
Cette situation illustre les complexités du système électoral français, où les manœuvres judiciaires peuvent avoir des conséquences imprévues sur la distribution des mandats et la vie politique locale.



