La commission d'enquête sur l'audiovisuel public reprend ses travaux
Après une pause durant les élections municipales, la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public a repris ses travaux la semaine du 23 mars 2026. Cette commission, présidée par Jérémie Patrier-Leitus, avait suspendu ses activités depuis le 26 février.
Les craintes autour du rapport d'Alloncle
Le rapporteur Charles Alloncle, député de l'Hérault (Union des droites pour la République), prépare un rapport attendu pour la fin avril. Cependant, des inquiétudes persistent quant à sa validation par une majorité de députés. Sur les réseaux sociaux, les principales questions du rapporteur circulent abondamment, souvent sans mention des réponses apportées lors des auditions.
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons, Calvados), a qualifié ces craintes de "fake news" sur X le 3 mars, reproduisant involontairement les nombreuses escarmouches qui ont marqué les 45 auditions de plus de 170 personnalités depuis novembre 2025.
Les positions des élus et les enjeux
Certains élus s'interrogent réellement sur leur approbation du texte final, notamment parce que les travaux n'ont pas abouti aux résultats espérés pour préserver et renforcer l'audiovisuel public. Aucune position n'est toutefois définitivement arrêtée.
Le député Erwan Balanant (MoDem, Finistère) estime que "censurer ce rapport serait la pire des choses", craignant que cela laisse croire à une volonté d'étouffer des scandales potentiels.
Les conséquences d'une non-publication
En cas de non-publication du rapport, les documents déposés dans la "data room" deviendraient inaccessibles pour vingt-cinq ans. Cette archive numérique contient notamment 26 000 documents fournis par France Télévisions, incluant des contrats, des comptes rendus de décisions et des factures.
Les vidéos des auditions disparaîtraient également du site de l'Assemblée nationale. La députée Céline Calvez (Renaissance, Hauts-de-Seine) note que "l'image déformée de nos travaux restera sur Internet", tout en soulignant que reconnaître des aspects améliorables ne signifie pas accabler l'audiovisuel public.
Les travaux de la commission se poursuivent dans un contexte politique tendu, où chaque décision concernant l'audiovisuel public est scrutée avec attention par les différents groupes parlementaires et l'opinion publique.



