Le sénateur socialiste du Val-d'Oise, Rachid Temal, a officialisé ce mercredi sa candidature à la présidence du groupe PS au Sénat, une position convoitée qui pourrait redistribuer les cartes au sein de la gauche sénatoriale. Il affrontera Patrick Kanner, le président sortant, lors d'un vote interne prévu le 26 juin.
Une candidature pour renouveler le groupe
Rachid Temal, 48 ans, justifie sa décision par la nécessité de "renouveler les pratiques et les orientations" du groupe. Dans un entretien à Libération, il explique vouloir "incarner une nouvelle génération" et "redonner de l'ambition" à la gauche au Sénat. Il critique notamment le manque de "combativité" sous la direction de Patrick Kanner.
Le groupe PS compte actuellement 64 sénateurs. Selon des sources internes, une vingtaine d'entre eux soutiendraient déjà ouvertement Temal, mais la majorité reste indécise. "Je veux rassembler au-delà des clivages", affirme le candidat, qui mise sur son profil de terrain et son expérience d'élu local.
Patrick Kanner, un président sortant affaibli ?
Patrick Kanner, 65 ans, préside le groupe depuis 2018. Ancien ministre de la Ville sous François Hollande, il est perçu comme un proche de l'ancien président. Sa gestion est contestée par une frange du groupe qui lui reproche un manque de dynamisme et une ligne trop modérée. "Il est temps de passer la main", confie un sénateur sous couvert d'anonymat. Kanner n'a pas encore commenté cette candidature.
Un enjeu pour l'avenir de la gauche au Sénat
Cette élection intervient dans un contexte de recomposition politique. Le groupe PS, longtemps majoritaire à la chambre haute, a perdu son hégémonie face à la montée de la droite et du centre. "L'enjeu est de redonner une visibilité à nos idées", insiste Temal, qui promet de "travailler en lien avec les autres forces de gauche". Le vote aura lieu à bulletin secret, et le résultat pourrait influencer la stratégie du PS pour les prochaines échéances électorales.
Selon un sondage interne réalisé par le groupe, 45% des sénateurs socialistes estiment qu'un changement de direction est nécessaire. Temal espère capitaliser sur ce mécontentement. "Je suis confiant, mais je ne sous-estime pas mon adversaire", déclare-t-il. La campagne s'annonce serrée.



