Le départ de Boris Vallaud, le député des Landes, de la direction du PS ajoute de la confusion dans une famille minée par les courants comme dans le reste de la gauche. Drôle de rupture. Le 8 mai, Boris Vallaud communiquait sur son intention de quitter la présidence du PS. Dans son viseur, la primaire de la gauche non mélenchoniste défendue mollement par la direction du PS. Une porte qui claque pour acter un divorce avec Olivier Faure, le premier secrétaire.
Le député des Landes assurait ce lundi le service après-vente de son coup d’éclat sur France Inter. « Je milite pour une union de la gauche la plus large possible, et non-mélenchoniste », a-t-il plaidé, tendant la main à Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, François Ruffin et… Olivier Faure. Il propose des rencontres de la « nouvelle gauche plurielle », en vue de la présidentielle. Soit peu ou prou ce que, fait non sans peine, le Parti socialiste. Parti que Boris Vallaud n’a pas l’intention de quitter.
Quel sens donner à cette manœuvre politique ?
L’intéressé entend « mettre le parti en ordre de bataille ». Pour ses contempteurs, l’explication est ailleurs : « Il tente de se remettre au centre du jeu. À mesure que l’on avance vers la présidentielle, il voit son espace se réduire. Alors il bouge, sur le fond il ne dit rien de plus. Sur la forme, il ne met pas la focale au bon endroit. Cela fait huit ans que nous sommes aux commandes, à chaque fois que nous mettons le parti en mouvement, on prend des tirs amis. Ça commence à être épuisant », se désole un haut gradé proche d’Olivier Faure.
La semaine dernière le PS dévoilait son projet, 144 pages pour « dresser les contours du socialisme du XXIe siècle ».
Courants dangereux
Le même détecte un problème d’agenda : « À quoi bon ? Rien ne bougera tant que Glucksmann ne sera pas sorti du bois. La question c’est de savoir qui sera encore debout au mois d’octobre. » Et voilà le PS rattrapé par ses vieux démons. Depuis le référendum sur l’Europe de 2005, le Parti socialiste risque la noyade avec ses courants. L’acmé étant la séquence des frondeurs durant le mandat de Hollande, qui a laissé un parti exsangue, divisé, débouchant sur deux échecs cinglants à la présidentielle (Hamon puis Hidalgo).
Si les acteurs de cette guerre intestine ne sont plus ceux d’hier, la pratique semble faire partie de l’ADN d’un PS, plus porté sur le tir au pigeon qu’à préparer les prochaines échéances. La malédiction du « coup d’après » : chacun préparant l’échéance suivante plutôt qu’affronter la question posée à l’instant T.
« Anecdotique », balaie-t-on dans le camp d’un François Hollande en embuscade. Lui a prononcé l’oraison funèbre de la primaire à gauche, dont ni François Ruffin, ni Raphaël Glucksmann, ni le communiste Fabien Roussel ne veulent entendre parler. « Elle serait morte d’elle-même, cela nous dit surtout que les acteurs de combat du PS ne sont pas à la hauteur des enjeux. On est encore loin de la ligne de départ. Il va y avoir des chutes. Voilà peut-être la première », dit un proche de l’ex-président.
À dessein, Jean-Luc Mélenchon pour sa déclaration de candidature expliquait : « Chez nous, c’est carré ». La gauche hors LFI fait face à une question existentielle, c’est le grand flou. Et quand c’est flou…



