À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, la France insoumise (LFI) intensifie ses propositions en matière de régulation des médias. Ce mercredi, la députée Clémence Guetté a annoncé que, en cas de victoire, une « grande loi anticoncentration des médias » serait rapidement adoptée. Cette déclaration a été faite sur Sud Radio, où elle a souligné que neuf milliardaires contrôlent actuellement 90 % des médias français, ce qui constitue une menace directe pour le droit à l'information.
Une mesure radicale pour démanteler les monopoles
Lors de son émission « Allo Mélenchon », diffusée sur Twitch et YouTube, Jean-Luc Mélenchon a précisé les contours de cette future loi. Il a insisté sur la nécessité d'une « mesure radicale » dès l'arrivée au pouvoir, avec pour objectif principal la « dislocation des monopoles », en particulier celui de Vincent Bolloré. Cependant, il a averti qu'il ne faudrait pas se limiter à un seul acteur, mais viser l'ensemble des neuf milliardaires identifiés. Selon lui, il ne s'agit pas de « faire juste de la petite retouche », mais d'aller « jusqu'au bout de l'idée », c'est-à-dire démanteler les trusts, séparer les médias de l'argent et donner du pouvoir aux utilisateurs.
Création d'un conseil déontologique des médias
Jean-Luc Mélenchon a également évoqué la mise en place d'un « conseil déontologique des médias » qui permettrait d'offrir des recours aux citoyens, estimant que l'Arcom actuelle est une « farce ambulante ». Ce conseil aurait pour mission de garantir le respect des règles déontologiques et de permettre des actions en justice en cas de manquement.
Une approche sans naïveté
Se disant « instruit par l'expérience » des dirigeants de gauche en Amérique latine dans les années 1990-2000, qui ont cru pouvoir s'arranger avec les journalistes et les patrons de presse, Mélenchon a prévenu qu'il n'y aurait « aucune naïveté » de sa part. Il a promis d'aller « jusqu'à la peau » dans cette réforme.
Réactions et contexte
Ces déclarations interviennent après que Maxime Saada, patron de Canal+, a annoncé ne plus vouloir travailler avec les 600 professionnels du cinéma ayant signé une tribune contre Vincent Bolloré, accusé de promouvoir les idées de la droite dure via ses médias (CNews, Europe 1, JDD, etc.). Clémence Guetté a souligné l'urgence de la situation, affirmant que Bolloré, par sa fortune, a mis la main sur des télévisions, des radios, la presse écrite, l'édition et le cinéma.
La loi s'appliquerait à tous les milliardaires, y compris Matthieu Pigasse, banquier d'affaires engagé à gauche, propriétaire de Radio Nova via son groupe Combat. De son côté, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s'est dite ouverte à un débat sur une nouvelle loi anticoncentration, soulignant l'importance du pluralisme des opinions et de la liberté de création.



