Le Parti socialiste (PS) n’a toujours pas trouvé son candidat pour la présidentielle de 2027, mais il a bien retrouvé ses réflexes. Depuis plusieurs mois, la question de la primaire provoque en interne moult tractations, manœuvres et règlements de comptes, au point de réveiller le souvenir des interminables guerres de courants qui ont longtemps fait la réputation du parti à la rose.
Une proposition qui divise
Pour comprendre la dernière controverse en date, il faut revenir quelques mois en arrière. Au printemps, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, s’était montré favorable à une primaire élargie de la gauche non mélenchoniste. Plusieurs personnalités avaient répondu présentes, notamment la secrétaire nationale des Écologistes. Mais aujourd’hui, la proposition de Faure de faire trancher les militants socialistes au plus tard le 9 juillet sur la stratégie pour la présidentielle laisse sceptiques les camps de Raphaël Glucksmann et de la maire de Paris, Anne Hidalgo.
Les réactions des différents camps
Dans le camp Glucksmann, on juge que cette primaire interne est une manœuvre pour verrouiller la candidature du premier secrétaire. « Olivier Faure veut imposer son leadership sans débat », confie un proche de l’eurodéputé. De son côté, le camp Vallaud estime que le processus est trop précipité et qu’il risque de fragiliser l’unité de la gauche. « Nous avons besoin de temps pour construire une candidature solide », explique un conseiller de la maire de Paris.
Au sein même du PS, les critiques fusent. Plusieurs cadres du parti dénoncent un « passage en force » et réclament un congrès extraordinaire pour trancher la question. « On ne peut pas décider de l’avenir du parti en quelques semaines », s’insurge un député socialiste sous couvert d’anonymat.
Un calendrier serré
Olivier Faure, lui, défend son calendrier. Il rappelle que le parti doit être prêt pour la présidentielle et que les militants doivent avoir leur mot à dire. « Il est temps de sortir de l’ambiguïté et de donner une direction claire aux socialistes », a-t-il déclaré lors d’une réunion interne. Mais pour ses opposants, cette précipitation cache une volonté de court-circuiter les autres candidatures potentielles.
La décision finale reviendra aux militants socialistes, qui sont appelés à se prononcer d’ici au 9 juillet. En attendant, les tractations se poursuivent dans une ambiance électrique, rappelant les heures les plus sombres des guerres de courants du PS.



