Le positionnement politique d'Olivier Falorni au cœur des critiques de Maryline Simoné
Le député Olivier Falorni voit son étiquette politique vivement contestée par Maryline Simoné et son entourage en pleine campagne électorale. L'accusation principale porte sur son supposé alignement avec la droite, une critique que l'intéressé rejette fermement.
Une accusation récurrente et une défense bien rodée
Maryline Simoné martèle durant l'entre-deux-tours que le parlementaire aurait dérivé vers la droite. Face à cette attaque, Olivier Falorni dispose d'une réponse toute prête : « Bernard Cazeneuve et Raphaël Glucksmann sont-ils de droite ? » Cette réplique vise à souligner l'absurdité de telles étiquettes dans le paysage politique actuel.
Le député, qui a rompu avec le Parti socialiste en 2012 et n'a plus adhéré à aucun parti depuis, estime s'être émancipé de ce qu'il qualifie de « machines à broyer ». Il se montre aujourd'hui satisfait de compter parmi ses soutiens des formations comme Place publique, La Convention et le Parti radical de gauche (PRG), appuis précieux qui ont permis à sa liste de bénéficier de l'étiquette divers gauche.
Un élu qui se définit comme centre gauche mais vote avec le centre
Olivier Falorni se présente comme un homme politique de centre gauche, « résolument social-démocrate et radicalement laïc et républicain ». Cependant, pour l'union de la gauche, tout élu « macron-compatible » est considéré comme étant de droite, une catégorie dans laquelle il tomberait selon ses détracteurs.
Les données parlementaires viennent étayer cette critique. Selon l'outil Datan, 94% de ses votes durant la législature actuelle sont similaires à ceux de son groupe Les Démocrates, 91% à ceux du groupe de Gabriel Attal et 80% à ceux d'Horizons. Ces chiffres contrastent avec son positionnement passé plus à gauche.
Une évolution politique marquée par des choix stratégiques
Lorsqu'il entre à l'Assemblée nationale en 2012 sous l'étiquette PRG, Olivier Falorni soutient la présidence de François Hollande avant de s'en distancier progressivement. Avec l'avènement du macronisme en 2017, son parcours devient plus sinueux : il soutient d'abord l'ex-ministre des Finances avant de prendre ses distances.
Entre 2017 et 2022, ses votes se rapprochent davantage des écologistes (83%) et des socialistes (75%) que de La République en marche (25%). Il revendique alors son autonomie politique, d'autant que LREM soutient son rival Jean-François Fountaine aux municipales.
Le tournant de 2022 et le rapprochement avec le centre
L'année 2022 marque une inflexion significative. Privé de la possibilité de créer son propre groupe, le centre gauche se retrouve isolé au Palais Bourbon. Olivier Falorni rejoint alors Les Démocrates, composé essentiellement de députés MoDem, un choix qu'il présente comme « faute de mieux » mais nécessaire pour porter des dossiers.
Ce rapprochement stratégique avec le pouvoir en place lui permet notamment de mettre sur orbite sa loi sur la fin de vie. « Les avancées sur ce sujet ont été un élément facilitateur de mon adhésion à ce groupe », reconnaît-il, tout en insistant sur sa liberté de parole préservée.
Des contradictions apparentes et des positions tranchées
Cette liberté affichée semble cependant connaître certaines limites. Sa discrétion lors des débats sur la réforme des retraites contraste avec son vote en faveur de sa suspension en novembre dernier. Une source au MoDem analyse : « S'il ne s'est pas vraiment montré de gauche au niveau national, c'est surtout parce qu'il était exclusivement concentré sur son combat pour la fin de vie. Il s'est peu investi sur les autres sujets. »
Par principe, le député a toujours refusé de voter la censure, sauf face à un gouvernement RN ou LFI, redoutant ce qu'il appelle « la bordélisation » ou « la bardellisation ».
Un recentrement nourri par l'éloignement des extrêmes
Si Olivier Falorni s'est recentré, c'est aussi sous l'effet d'un éloignement des extrêmes. Il ne pardonne pas à ses anciens camarades de gauche de frayer avec les insoumis. On l'a vu s'opposer à des textes portés par l'aile droite, comme la loi Duplomb contre laquelle il a voté, et ferrailler avec les conservateurs.
Le procès en droitisation se nourrit également de ses positions sur la sécurité, qu'il érige au rang de priorité absolue : « C'est la première de nos libertés. C'est elle qui nous permet de nous déplacer, c'est elle qui permet aux gens de ne pas être incarcérés dans leur propre domicile. »
Un discours qui trouve écho auprès des électeurs
À l'image de Manuel Valls, avec qui il partage une filiation revendiquée à Georges Clémenceau, Olivier Falorni appartient à ce courant qui reproche à la gauche d'avoir laissé le champ libre à l'extrême droite. Ce discours semble porter ses fruits au premier tour, notamment dans les quartiers populaires.
Le député ratisse large dans une ville où Emmanuel Macron a toujours été bien élu. Un sympathisant résume ainsi le sentiment d'une partie de l'électorat : « De gauche ? De droite ? Je ne sais pas trop et peu importe. Il a sa personnalité, ses convictions et elles me conviennent. Pourquoi vouloir l'affubler d'un label rouge ? Ce n'est pas un poulet. »
Finalement, la question est peut-être moins de savoir si Olivier Falorni est véritablement de gauche que de se demander si La Rochelle reste un bastion de gauche incontesté.



