Un scrutin municipal sous tension à Pompiey
Dans le petit village de Pompiey, situé en Lot-et-Garonne, l'issue des élections municipales de mars 2020 a donné lieu à une situation exceptionnelle. Au premier tour, le dimanche 15 mars, les électeurs ont départagé les deux têtes de liste, Christophe de Cugnac et le maire sortant Jean-Pierre Suarez, avec un résultat parfaitement équilibré. Chaque candidat a recueilli exactement 76 voix, forçant la tenue d'un second tour une semaine plus tard.
Une victoire contestée
Lors de ce second scrutin, c'est finalement la liste Ensemble pour Pompiey, menée par Jean-Pierre Suarez, qui l'a emporté. Cette victoire a permis au maire sortant de décrocher un second mandat et d'obtenir neuf sièges sur les onze que compte le conseil municipal. L'installation officielle de l'édile, prévue pour le vendredi 27 mars, semblait donc être une simple formalité.
Mais la veille de cette séance d'installation, Christophe de Cugnac, le candidat battu qui dirigeait la liste Pompiey 26, a jeté un pavé dans la mare. Il a publié un communiqué annonçant avoir engagé une procédure en justice contre son adversaire.
Une plainte déposée au tribunal administratif
Dans son communiqué, Christophe de Cugnac explique avoir réuni son équipe pour échanger sur des constatations d'irrégularités qu'il attribue à son adversaire pendant la campagne électorale. Il précise : « Sans remettre en cause le résultat du scrutin, au regard des irrégularités que je qualifie de graves, en mon nom propre, j'ai déposé une protestation électorale au tribunal administratif de Bordeaux. »
Le plaignant a formellement demandé l'inéligibilité de Jean-Pierre Suarez, tant pour la fonction de maire que pour celle d'adjoint. Il appelle la liste majoritaire à « prendre ses responsabilités » et à envisager de désigner un autre candidat parmi ses membres. « Je m'en remets maintenant à la justice », conclut-il.
Une attaque ciblée sur la méthode
Contacté le 26 mars, Christophe de Cugnac a tenu à clarifier sa démarche. Il insiste sur le fait qu'il ne demande pas l'annulation du scrutin et ne conteste pas le choix exprimé par les urnes. « Je ne remets pas en cause le résultat, mais la méthode d'un sortant qui a transgressé le code électoral. J'attaque donc la méthode », a-t-il déclaré.
La décision du tribunal administratif de Bordeaux n'est pas attendue avant plusieurs semaines. Un délai qui ne semble pas inquiéter Jean-Pierre Suarez, le maire mis en cause. Ce dernier a indiqué « avoir pris ses dispositions » et affirme que la procédure lancée par son adversaire repose sur de « fausses allégations ».
Cette affaire illustre les tensions qui peuvent persister après des élections municipales serrées, même dans de petites communes. Elle place désormais la justice en arbitre d'un différend qui dépasse le simple cadre du résultat électoral pour interroger les pratiques de campagne.



