Plainte déposée contre le maire de Béziers à quelques jours des élections municipales
Le candidat aux élections municipales de Béziers, Thierry Mathieu, a déposé plainte contre le maire sortant Robert Ménard pour diffamation publique et injure publique. Cette action judiciaire, accompagnée d'une constitution de partie civile, a été enregistrée auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de Béziers ce jeudi 5 mars 2026.
Des propos dans La Tribune juive au cœur de la plainte
La première plainte vise spécifiquement les déclarations de Robert Ménard dans un entretien accordé à La Tribune juive et publié le 23 février dernier. Le maire sortant, qui brigue un troisième mandat, y évoque un lien supposé entre un habitant de Béziers, Mehdi Roland, et la liste électorale de Thierry Mathieu, bien que ce dernier ne figure pas sur cette liste.
Robert Ménard fait référence à une publication Facebook de Mehdi Roland datant de 2013, montrant un buste de Marianne décapité avec un Coran placé au-dessus. "Les propos tenus laissent entendre des accusations d'arrière-pensées idéologiques et de proximité supposée avec des positions qui ne sont ni les nôtres ni celles défendues dans notre projet", explique Thierry Mathieu.
Une campagne électorale perturbée par des accusations
Le candidat sans étiquette insiste sur sa volonté de mener une campagne digne et centrée sur les véritables enjeux de la ville. "Ça suffit, on a fait une campagne digne jusqu'ici, on n'a pas envie d'être attiré dans le caniveau par ce genre de publication", déclare-t-il avec fermeté.
Thierry Mathieu précise sa démarche : "Nous refusons de prendre part à toute surenchère. Nous demeurerons attachés à une campagne centrée sur les véritables enjeux pour notre ville. C'est pourquoi nous avons déposé une plainte, afin que ces agissements fassent l'objet de poursuites pénales."
La réaction du maire sortant et des personnes concernées
Robert Ménard répond aux accusations en qualifiant la situation de "pitoyable". Il maintient ses déclarations : "Oui, Thierry Mathieu a flirté avec quelqu'un qui a mis une Marianne décapitée sur son réseau social. Tout comme monsieur Gabarron (candidat RN) le remercie dans un texte… Ce n'est pas diffamatoire, c'est la stricte réalité."
Mehdi Roland, directement mis en cause dans l'article de La Tribune juive, exprime son exaspération : "Je suis excédé mais je n'ai pas les moyens légaux de me défendre. Il ressort ça maintenant, à quelques jours des élections. Il se sert de ça mais je n'ai rien à me reprocher, je suis un citoyen comme les autres."
Il précise le contexte de la publication controversée : "Je regrette la manipulation de cette image, je voulais montrer, il y a 10 ans, l'utilisation qui en était faite par des groupuscules identitaires…"
Des plaintes supplémentaires concernant les réseaux sociaux
Deux autres plaintes contre X visent des commentaires anonymes publiés sur les pages Facebook officielles de "Choisir Béziers" et de la "Ville de Béziers". Ces messages sont jugés insultants envers Thierry Mathieu et ont conduit à des actions judiciaires supplémentaires.
Deux plaintes distinctes ciblent également Robert Ménard en sa qualité de responsable présumé de ces pages Facebook municipales, ajoutant une dimension institutionnelle à ce conflit pré-électoral.
Un contexte électoral tendu à Béziers
Cette affaire judiciaire intervient à un moment crucial de la campagne pour les élections municipales de 2026 à Béziers. Les tensions entre les différents candidats s'intensifient alors que la date du scrutin approche.
Julien Gabarron, candidat du Rassemblement National, minimise quant à lui l'importance des déclarations de Robert Ménard : "Je n'accorde aucun intérêt à ce que peut déclarer Robert Ménard", balayant ainsi le sujet d'un revers de main.
Cette plainte pour diffamation et injures publiques marque un tournant dans la campagne électorale biterroise, illustrant les tensions croissantes entre les différents acteurs politiques locaux à l'approche des échéances municipales.



