Un militant socialiste au cœur de la victoire de la gauche à Agen
Lorsque l'union de la gauche a remporté la mairie d'Agen le 22 mars, Pierre Dupont a immédiatement pensé à son père disparu. « Parce qu'il n'est plus là. J'ai aussi pensé à toute l'équipe, qui s'est donnée incroyablement », confie l'élu de 41 ans, engagé depuis quinze ans au Parti socialiste. Ce fidèle militant, qui milite de longue date pour l'union des forces de gauche, voit sa stratégie récompensée avec la victoire de la liste Vivement Agen, dont il est l'un des artisans historiques.
Du cinéma à la politique municipale
Né à Chollet dans le Maine-et-Loire avant de rejoindre la Vendée dans sa jeunesse, Pierre Dupont s'est installé à Agen il y a près de vingt ans. Passionné précocement par le 7e art après avoir découvert « Le Mépris » de Jean-Luc Godard à la télévision, il débarque en Lot-et-Garonne après avoir envoyé une quarantaine de CV aux cinémas de France. Recruté comme projectionniste par Thierry Salvalaio aux Montreurs d'images, il gravit les échelons jusqu'à devenir directeur de ce cinéma associatif d'art et essai.
« Je l'ai vu monter en puissance, jusqu'à en devenir directeur. Pierre est d'une très grande efficacité, organisé, réactif, doté d'un esprit de synthèse et d'un sens politique certain », témoigne son ancien employeur. Formé aux métiers de l'audiovisuel et de la communication, cette expérience forge ses compétences avant son engagement politique.
Un engagement politique né d'une opposition à Sarkozy
Le 1er janvier 2011, Pierre Dupont prend une résolution inhabituelle : s'engager en politique. « Les années Sarkozy. J'ai toujours eu un rejet pour cet homme et sa politique, et je l'assume complètement », explique-t-il. Jon Garay, premier fédéral du PS 47, se souvient de « ce jeune homme pousser timidement la porte du Parti socialiste. Je l'ai vu grandir dans tous les sens du terme ».
Attiré par l'humanisme et l'égalité portés par une gauche plurielle incarnée par Lionel Jospin et Martine Aubry, Pierre Dupont consacre d'innombrables heures au militantisme. Ses combats électoraux s'appuient systématiquement sur l'entente au sein de sa famille politique, prônant l'écoute comme « ingrédient qui devrait être disséminé à l'échelon municipal, dans toutes les politiques, et pas uniquement tous les six ans ».
Architecte de l'union et premier adjoint
Pierre Dupont comprend rapidement que la meilleure façon de réunir toute la gauche est de soutenir une personnalité non encartée. Cette intuition stratégique conduit à la candidature de Laurent Bruneau, tête de liste de Vivement Agen. « Si quelqu'un peut compter sur lui, c'est bien Laurent Bruneau », affirme Jon Garay, qui partage désormais avec son « fils spirituel » les bancs de la majorité municipale après dix-huit ans sous l'ère Dionis.
Élu premier adjoint au maire, Pierre Dupont se voit confier des délégations cruciales :
- La citoyenneté
- La démocratie permanente
- La vie associative
- Le foncier municipal
Jon Garay prédit : « Je sais qu'il va encore m'éblouir lors de ce mandat », louant l'humilité de ce « homme de liberté » qu'il décrit comme « très vertébré, doté d'une solide culture générale ». Moins porté sur le football et le char à voile que ses amis d'adolescence, l'élu reste un lecteur assidu qui devra désormais composer avec un emploi du temps municipal chargé.
À 41 ans, Pierre Dupont incarne désormais l'idée du consensus politique qu'il a contribué à bâtir, passant du statut de militant à celui de premier adjoint d'une ville conquise par l'union des forces de gauche.



