Une victoire nette qui efface le passé
« Maintenant, on va arrêter de me parler des résultats de 2020. » Cette phrase prononcée dimanche 22 mars par Franck Raynal résume parfaitement l'ampleur de sa réélection à la mairie de Pessac. Le maire sortant divers droite a été reconduit pour un troisième mandat avec une avance confortable, tournant définitivement la page de sa victoire étriquée de 2020 où il n'avait devancé son adversaire que de 174 voix dans un scrutin perturbé par la crise sanitaire.
Un contexte électoral pourtant difficile
Pour cette élection municipale, Franck Raynal faisait face à un vent contraire significatif. En face de lui se trouvait Sébastien Saint-Pasteur, son challenger de 2020 devenu entre-temps député, mais également deux candidats venant grignoter son électorat : l'ancienne ministre Bérangère Couillard et un candidat du Rassemblement national. Une configuration complexe dans une commune historiquement ancrée à gauche.
Malgré ces obstacles, le sortant a réalisé une performance remarquable. Dès le premier tour, il a pris une avance de plus de onze points, pliant pratiquement le match avant même le second tour. Au final, il devance ses principaux adversaires de 2 096 voix, une marge qui contraste fortement avec le résultat serré de 2020.
Les clés du succès
« Cela penche quand même à droite », constate Sébastien Saint-Pasteur, qui évoque une « prime au sortant » dans un contexte national marqué par les questions de sécurité. Franck Raynal a probablement bénéficié d'un vote de stabilité de la part d'électeurs souhaitant préserver leur cadre de vie sans bouleversement majeur, une continuité rassurante face aux incertitudes politiques nationales et internationales.
Mais cette réélection ne s'explique pas seulement par un contexte favorable. « Dans l'équipe de Mme Couillard, j'entends dire qu'il fait 'bon vivre à Pessac' », faisait remarquer Franck Raynal pendant la campagne, suggérant ainsi : pourquoi changer de maire ?
Un bilan concret et des réalisations visibles
La majorité sortante a multiplié les réalisations concrètes dans les différents quartiers de Pessac durant la dernière ligne droite du mandat :
- La piscine Cazalet à Haut Livrac
- La rénovation de la rue de Romainville
- La fin de l'extension et rénovation de l'école Georges-Leygues à la Châtaigneraie
« Depuis cinq ans que j'habite à Pessac, je vois la ville évoluer positivement même si tout n'est pas parfait », témoigne Cyril, un électeur rencontré à la sortie d'un bureau de vote dans le secteur Romainville. Ce quasi-quadragénaire a pu jauger le maire lors de plusieurs réunions publiques.
« Quand on n'a pas d'argent, on n'a pas de projets », tranche pour sa part Élise, habitante de Magonty. Son cœur penche aussi pour la majorité en place, qui a maintenu des finances saines malgré une hausse de l'endettement. L'électrice a également noté les promesses de campagne de Franck Raynal : installation d'un poste de police municipale à Magonty et création d'une maison des seniors à Cap de Bos.
« Enfin, on commence à considérer l'extra-rocade. On n'est pas des pouilleux », s'exclame cette quadragénaire qui travaille pour l'armée.
Une méthode reconnue
« En 2020, nous étions là depuis seulement six ans, souligne Naji Yahmdi, adjoint de la majorité municipale. Aujourd'hui, notre méthode et notre identité sont reconnues : disponibilité, écoute, proximité et réactivité, un maire accessible. »
Les raisons de la défaite des adversaires
La victoire des uns est aussi la défaite des autres. Sébastien Saint-Pasteur reconnaît avoir accusé le coup lors du premier tour : « Un choc. » Le député de 45 ans n'est pas épargné par le camp de Bérangère Couillard dans l'analyse des résultats.
« Il n'a pas fait une très bonne campagne, estime Benoît Grange, numéro deux sur la liste de l'ancienne ministre. Il a été très sûr de lui et a sans doute considéré un peu trop tôt que l'élection lui était donnée. Sa présence n'a pas été à 100%. »
« C'est un peu sévère, réplique – toujours très poliment – l'intéressé. Nous avons fait une campagne honnête, avec une grosse démarche de porte à porte. Peut-être que le projet n'était pas assez 'promettant'. »
C'est là l'autre reproche formulé par Benoît Grange : « Le choix de dire : 'Je ne maîtrise pas la totalité des sujets car je ne suis pas aux affaires, mais je pose un cadre et nous discuterons ensemble...' C'est un peu court en termes d'engagement. »
Aujourd'hui, le socialiste amorce un semblant de mea culpa sans renier son approche. « Nous avons voulu être honnêtes sur la méthode, explique Sébastien Saint-Pasteur. Au lieu de dire que nous allions construire 17 équipements et rénover huit écoles. Cela n'a pas marché. »
Installation officielle
Le conseil municipal d'installation du maire de Pessac se tiendra vendredi 27 mars à 18 heures, salle du conseil de l'hôtel de ville, marquant le début officiel du troisième mandat de Franck Raynal à la tête de la commune.



