Paris, le Graal pour les Républicains après des résultats mitigés dans les grandes villes
Paris, le Graal pour LR après des résultats mitigés

Paris, l'espoir inattendu des Républicains après un premier tour contrasté

Alors que les résultats du premier tour des élections municipales ont révélé des performances mitigées pour Les Républicains dans les grandes agglomérations, un espoir inattendu est né ce dimanche soir dans la capitale. La configuration particulière du second tour à Paris laisse entrevoir une possibilité de renversement de situation, malgré le net retard de leur candidate Rachida Dati face au socialiste Emmanuel Grégoire.

Les négociations secrètes pour une union à Paris

La qualification de la candidate LFI Sophia Chikirou et surtout l'hypothèse d'une union avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons) ont soudainement redonné des couleurs aux ambitions parisiennes de la droite. Selon nos informations, Bruno Retailleau a contacté personnellement Édouard Philippe en milieu de soirée pour négocier une fusion des listes Dati et Bournazel.

« La seule question, c'est : est-ce que Philippe a autorité sur lui ? » s'interroge un dirigeant LR, conscient des vives réticences affichées par Bournazel durant toute la campagne. Un autre cadre du parti se veut plus confiant : « Philippe n'a pas le choix », tout en s'inquiétant des possibles manœuvres des colistiers de Bournazel issus de Renaissance pour faire barrage à cette alliance.

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La surveillance du score de Reconquête

Un autre élément crucial était scruté avec attention au siège des Républicains : le score définitif de Sarah Knafo (Reconquête), donnée autour de 10 % selon les estimations. Sa possible qualification au second tour pourrait complexifier davantage l'équation parisienne.

Un élu proche du « socle commun » résume la situation délicate : « Il y a encore un espace pour gagner, mais il faut que Dati et Bournazel se marient. Philippe ne peut pas faire autrement, mais Bournazel est soutenu par une liste composée à 60 % d'élus Renaissance qui vont vouloir se rapprocher d'Emmanuel Grégoire ».

Les déceptions dans les grandes villes

Une victoire à Paris aurait pour la droite un mérite considérable : elle permettrait d'éclipser des résultats sans véritable relief dans les grandes métropoles. Au sein de la droite et du centre, la déception est palpable face à la contre-performance lyonnaise de l'ancien patron de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas.

« La société civile, on voit ce que ça donne. Il s'est pris la manivelle dans la tête ! » peste un ténor de la droite, résumant l'amertume des cadres du parti. De même, Les Républicains sont-ils en passe de perdre Nîmes, dernier bastion de plus de 150 000 habitants qu'ils détenaient encore, en raison des divisions au sein de la droite et du centre.

Le renforcement dans les villes moyennes

Pourtant, à bien y regarder, la droite n'a pas passé une si mauvaise soirée. Si l'attention médiatique se focalise naturellement sur les grandes villes, ses scores dans les villes moyennes sont bien plus reluisants. Au point que LR s'est targué ce dimanche dans un tweet d'être « le premier parti de France » dans les communes de plus de 9 000 habitants.

« Nous sommes en tête dans plus de la moitié des communes de France », se satisfait le secrétaire général du parti, Othman Nasrou. « La droite fait mieux que résister, elle se renforce », insiste Bruno Retailleau. Cette famille politique est en situation de faire basculer la ville de Besançon, dirigée par les écologistes, ainsi que Cherbourg potentiellement.

« Et on réalise de très beaux scores à Nantes, Brest et Strasbourg ! », complète un responsable du parti, pas si mécontent du cru 2026 à ce stade. Paris ferait ainsi office de Graal, une victoire symbolique qui couronnerait des résultats globalement positifs dans l'ensemble du territoire.

La nouvelle ligne stratégique de la droite

Pour le reste, la droite a définitivement enterré ce dimanche soir le front républicain des années Chirac, devenu sous Nicolas Sarkozy le fameux « ni-ni » contre les deux extrêmes. Lors d'une brève allocution, Bruno Retailleau a fixé la ligne officielle : « Aucune voix pour LFI, c'est la seule consigne ».

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Cette exhortation s'étend à tous les candidats de gauche qui céderaient à des « alliances de la honte » avec les mélenchonistes, a-t-il précisé. À droite, on s'avoue en effet stupéfait par la forte poussée des Insoumis dans les urnes. « Faire barrage à LFI, ça bloque l'union de la gauche », au profit des candidats de droite encore en lice, décrypte un ténor LR.

La liberté laissée aux électeurs

Et s'il n'a pas saisi la main tendue par Jordan Bardella pour nouer des alliances partisanes, Bruno Retailleau a laissé ses électeurs libres de leur choix, y compris donc dans des villes où le RN serait en situation de l'emporter. Oui à l'union des droites par les électeurs sur le terrain en somme, mais non à l'union par les partis.

Cette position a donné lieu à une sortie mal calibrée de la porte-parole de LR et sénatrice de Paris Agnès Evren, imaginant sur les plateaux télévisés l'hypothèse d'un duel LFI-RN au second tour : « Nos électeurs sont plus proches des valeurs du RN que de LFI, c'est une évidence ». « C'est vraiment limite… », rouspète un centriste. Voilà qui ne va pas aider à amadouer les macronistes parisiens, lesquels s'étouffent déjà à l'idée de voir la zemmouriste Sarah Knafo apporter son soutien à Rachida Dati.