Paris : l'opposition critique l'armada d'adjoints de Grégoire, tensions politiques en vue
Paris : l'armada d'adjoints de Grégoire suscite critiques et tensions

L'opposition dénonce une "armée mexicaine" à la mairie de Paris

Dès l'annonce des trente-six adjoints nommés par Emmanuel Grégoire après son élection à l'Hôtel de Ville de Paris, l'opposition a immédiatement crié à la formation d'une "armée mexicaine". Cette réaction, bien que classique dans le paysage politique français, mérite d'être mise en perspective. Marseille, dirigée par le socialiste Benoît Payan, compte trente-trois adjoints pour une population plus de deux fois moindre que celle de la capitale.

Une équipe municipale richement dotée

S'il est vrai que la mairie de Paris est particulièrement bien dotée en postes d'adjoints - Anne Hidalgo n'en avait nommé que vingt-et-un en 2020 -, la question essentielle reste celle de l'homogénéité de cette équipe, condition sine qua non de son efficacité opérationnelle. L'examen attentif des profils choisis par Emmanuel Grégoire soulève plusieurs interrogations quant à la cohésion future de son exécutif municipal.

La percée significative des écologistes

Les écologistes, turbulents dans l'opposition précédente, ont plus que doublé leurs prises de guerre. Après s'être ralliés au candidat socialiste dès avant le premier tour, ils ont obtenu douze postes d'adjoints, contre seulement cinq dans la mandature précédente. Cette progression spectaculaire témoigne de leur poids politique croissant dans la capitale, où leur groupe municipal est passé de vingt-cinq à trente-six élus.

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Anne-Claire Boux, rivale du leader écologiste parisien David Belliard, occupe la deuxième place dans la hiérarchie municipale, juste derrière la Première adjointe Lamia El Aaraje. Son portefeuille, particulièrement stratégique, recouvre les affaires scolaires et la petite enfance, incluant ainsi le périscolaire. Après les scandales qui ont touché ce secteur à Paris, Emmanuel Grégoire en a fait une priorité, bien qu'il n'ait pas nommé d'adjoint spécifiquement dédié au périscolaire.

Des profils qui pourraient créer des tensions

Les quatrième, cinquième et neuvième places sont également occupées par des écologistes, confirmant leur influence renforcée. Plus bas dans la hiérarchie, Hanna Bikouloulou se voit confier un vaste portefeuille comprenant l'égalité, les droits humains, la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, les LGBTQI+phobies et les discriminations. Derrière cette liste consensuelle se cache un profil plus controversé : l'adjointe affectionne le keffieh, accuse régulièrement Israël de "génocide" à Gaza, et a relayé des posts célébrant la libération de Georges Ibrahim Abdallah, condamné pour complicité de terrorisme.

La difficile cohabitation au sein de l'exécutif

La question se pose alors de savoir comment Lamia El Aaraje, défenseuse des valeurs républicaines et d'une laïcité sans concessions, pourra cohabiter avec cette activiste écologiste. Les relations risquent d'être particulièrement tendues entre ces deux personnalités aux convictions divergentes.

La Première adjointe au tempérament fougueux devra également composer avec Laurent Sorel, trente-cinquième et avant-dernier adjoint, élu sous l'étiquette L'Après. Comme les écologistes parisiens, ce parti créé par les purgés de La France Insoumise avait rallié Grégoire dès le premier tour. Fervent défenseur de la cause palestinienne, Sorel s'était attiré les foudres d'Anne Hidalgo pour ses positions, au point que l'ancienne maire de Paris lui avait lancé lors d'un conseil municipal houleux : "Je suis tellement fière et heureuse de ne pas vous compter, vous et LFI, dans ma majorité".

Une absence qui pourrait faciliter les relations

Lamia El Aaraje peut néanmoins souffler un peu : Danielle Simonnet, son ancienne rivale lors de l'élection législative de 2022 dans la 15e circonscription de Paris, n'est pas adjointe d'Emmanuel Grégoire, étant désormais députée. La future numéro deux de l'équipe municipale avait vivement critiqué l'accueil réservé par Danielle Simonnet, alors Insoumise, à Jeremy Corbyn, l'ancien leader du Labour britannique temporairement exclu pour sa complaisance face à l'antisémitisme dans son parti.

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Le nouveau maire de Paris, confronté à cette équipe aux sensibilités politiques variées, n'aurait sans doute pas eu besoin d'un foyer de tensions supplémentaire au sein de son exécutif. La gestion de ces divergences constituera l'un des premiers défis de son mandat.