Le premier et unique débat télévisé entre les trois finalistes des élections municipales à Paris a été diffusé mercredi sur BFMTV et Le Figaro TV, offrant près de trois heures d'échanges animés et parfois conflictuels. Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, Rachida Dati, candidate de la droite et du centre, et Sophia Chikirou, candidate de La France insoumise, se sont affrontés sur des thèmes cruciaux comme le périscolaire, le logement, la propreté et la sécurité, à quelques jours du second tour prévu dimanche.
Un duel politique marqué par des accusations personnelles
Dès les premières minutes, Emmanuel Grégoire a clairement positionné le débat en affirmant n'avoir « qu'une seule adversaire, Rachida Dati », considérant Sophia Chikirou comme sa « concurrente ». Il a ensuite lancé une attaque frontale contre Mme Dati, l'accusant de bénéficier du soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale. « Imaginez-vous un seul instant Jacques Chirac, élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ? », a-t-il déclaré, évoquant une « rupture morale historique » avec la tradition républicaine de la droite.
Les réponses des candidates et les enjeux de l'alternance
Rachida Dati a répondu en exhortant les électeurs à « se mobiliser pour l'alternance à Paris dimanche », critiquant un quart de siècle de gestion de la gauche qu'elle juge « échouée sur tout ». De son côté, Sophia Chikirou s'est présentée comme « la seule véritable opposante » à la candidate de droite et du centre, tout en renvoyant dos à dos ses deux concurrents principaux. « Paris n'a pas besoin d'une maire des riches après avoir eu un président des riches », a-t-elle rétorqué, tout en attaquant la droite pour les « maux » infligés à la population.
Le périscolaire au cœur des préoccupations
La question des violences sexuelles dans le périscolaire a occupé une place centrale dans les débats, un scandale qui a fortement impacté la campagne. Emmanuel Grégoire a promis de « tout remettre à plat » pour répondre à cette crise, tandis que Sophia Chikirou a assuré qu'elle débloquerait 19 millions d'euros supplémentaires par an pour améliorer ce secteur. Les candidats ont également abordé d'autres sujets majeurs comme le logement, l'écologie et la sécurité, avec des propositions parfois floues, comme la réduction de la taxe foncière promise par Rachida Dati sans chiffrage précis.
Accusations croisées et héritage politique
Les échanges ont été émaillés d'accusations personnelles, notamment concernant les affaires judiciaires en cours. Rachida Dati, interrogée sur son procès prévu en septembre pour corruption, a dénoncé les « attaques outrancières » d'Emmanuel Grégoire. Sophia Chikirou, qui sera jugée en mai pour escroquerie, a ironisé sur ces polémiques en évoquant des « affaires de cafetière et de micro-onde ». Les deux candidates ont régulièrement renvoyé Emmanuel Grégoire à l'héritage de la maire sortante Anne Hidalgo, l'accusant de ne pas assumer son bilan. Ce dernier s'est toutefois dit « très reconnaissant » envers Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë, affirmant être « fier » de cet héritage de gauche.
Contexte politique et mobilisation des électeurs
Ce débat a eu lieu dans un contexte politique tendu, avec le retrait de la liste d'extrême droite de Sarah Knafo pour faire « battre la gauche » et la fusion de la liste de Pierre-Yves Bournazel avec celle de Rachida Dati. Initialement non invitée, Sophia Chikirou a finalement pu participer après une protestation de La France insoumise auprès de l'Arcom. Avant le premier tour, Rachida Dati avait refusé de débattre, ajoutant une dimension stratégique à cette confrontation télévisée. Les électeurs parisiens devront maintenant trancher dimanche entre ces trois visions distinctes pour l'avenir de la capitale.



