Le Parlement français a définitivement adopté, ce mercredi 20 mai, la réforme constitutionnelle élargissant le corps électoral pour les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie. Désormais, les natifs calédoniens, quelle que soit leur date d'arrivée sur l'archipel, pourront voter à ces scrutins locaux. Cette mesure, qui modifie l'article 77 de la Constitution, a été votée par l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès à Versailles, avec 176 voix pour et 157 contre.
Une réforme controversée
Le texte, porté par le gouvernement, vise à élargir le corps électoral aux personnes nées en Nouvelle-Calédonie, sans condition de durée de résidence. Jusqu'à présent, seuls les résidents installés avant 1998 et leurs descendants pouvaient voter aux provinciales. Cette réforme est perçue par les indépendantistes comme une tentative de diluer leur poids électoral, tandis que les loyalistes y voient une avancée démocratique.
Réactions politiques
Les voix se sont élevées dans l'hémicycle. Le député indépendantiste Rock Wamytan a dénoncé "un coup porté au peuple kanak". À l'inverse, le président du groupe Les Républicains, Olivier Marleix, a salué "une réforme nécessaire pour sortir de l'impasse politique". Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a défendu le texte en affirmant qu'il "permettra de stabiliser les institutions calédoniennes".
Prochaines étapes
La réforme doit encore être promulguée par le président de la République. Elle s'appliquera aux prochaines élections provinciales, prévues en 2027. Les indépendantistes ont déjà annoncé qu'ils contesteraient la mesure devant le Conseil constitutionnel.
Ce vote intervient dans un contexte de tensions persistantes en Nouvelle-Calédonie, où les discussions sur l'avenir institutionnel de l'archipel sont au point mort depuis le troisième référendum d'autodétermination de 2021.



