Municipales à Nîmes : le soutien de Simon Casas au RN suscite des réactions vives
Simon Casas, délégataire des arènes de Nîmes pour les spectacles taurins, a manifesté son soutien au candidat du Rassemblement national, Julien Sanchez, lors des élections municipales. Ce positionnement, bien que non explicitement nommé, a été clairement exprimé via un post Instagram le mercredi 18 mars, déclenchant une série de réactions politiques et associatives.
Un ralliement à peine voilé à l'extrême droite
Dans son message, Simon Casas a justifié son choix en évoquant des raisons personnelles et politiques. Il a mentionné la plaque commémorative installée en gare de Nîmes en mémoire des enfants juifs déportés, indiquant que deux de ses cousins figuraient parmi les victimes. Sur cette base, il a affirmé ne pas pouvoir voter pour la liste communiste, qu'il associe à un parti antisémite, ni pour la liste soutenue par le parti du président Macron, critiquant son abstention lors de la marche contre l'antisémitisme. Il a conclu en suggérant que son vote irait vers le Rassemblement national, arguant que les fascistes se trouvent désormais à l'extrême gauche en France.
Les réactions politiques : surprise et regrets
Le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, a exprimé sa surprise face à ce soutien. Il a regretté la position de Simon Casas, soulignant que le Rassemblement national a toujours été ambigu sur son soutien à la tauromachie. Jean-Paul Fournier a rappelé que le seul candidat clairement pro-tauromachie pour ces élections est Franck Proust, mettant en doute les convictions de Simon Casas.
Une controverse mémorielle et historique
Jean-Paul Boré, président du Gard des amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation, a réagi avec colère. Il a qualifié d'insulte à la mémoire l'utilisation du souvenir des enfants juifs déportés pour justifier un ralliement au Rassemblement national. Il a rappelé les origines du Front national, fondé par des figures ayant un passé nazi documenté, et a estimé que cette démarche constitue un révisionnisme inacceptable, violant la loi Gayssot sur les crimes contre l'humanité.
La tauromachie au cœur des débats
Benjamin Cuillé, manadier et membre de la liste soutenant Franck Proust, a regretté que Simon Casas politise la tauromachie. Il a souligné que cette culture appartient à tous et doit éviter de dériver vers les extrêmes, qui pourraient imposer leur vision aux minorités culturelles comme les aficionados. Cette prise de position illustre les tensions entre engagement politique et défense des traditions locales dans le contexte des municipales à Nîmes.



