Nîmes Métropole : L'extrême droite en opposition frontale contre le président Vincent Bouget
Nîmes Métropole : L'extrême droite s'oppose à Vincent Bouget

Un conseil communautaire sous tension à Nîmes métropole

Le conseil communautaire de Nîmes métropole, réuni ce mardi soir, a rapidement dévié de son ordre du jour protocolaire pour devenir le théâtre d'une opposition frontale entre le nouveau président Vincent Bouget et les représentants de l'extrême droite. Malgré l'absence notable de leur chef de file Julien Sanchez, les élus du Rassemblement national ont multiplié les interventions critiques et les demandes de sièges dans diverses instances, créant une atmosphère tendue tout au long de la séance.

Des délégations au bureau jugées "abusives"

Dès la première délibération concernant les délégations au bureau de la communauté d'agglomération, Sylvie Josserand a dénoncé des "délégations abusives", particulièrement en matière financière. Elle a insisté sur le fait que seul le conseil, avec "la représentation de toutes les tendances politiques", devait pouvoir se prononcer sur ces questions. Vincent Bouget a répondu calmement en rappelant que "tous les maires siègent au bureau", une position soutenue par l'ancien président Franck Proust qui a souligné que cette mesure simplifiait le travail tout en conservant le pouvoir de contrôle du conseil.

Le Rassemblement national réclame des sièges

Après une attaque de Stéphane Guillemin, élu de Marguerittes, concernant les indemnités du président, le débat s'est intensifié autour de la répartition des sièges dans plusieurs instances importantes. Le parti d'extrême droite a présenté des listes pour la commission d'appel d'offres et la commission de délégation de services publics, permettant à Monique Boissière de siéger aux côtés des élus de la majorité grâce au système proportionnel.

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La situation s'est particulièrement tendue lors de la désignation des représentants au Scot Sud Gard, où le RN a réclamé cinq sièges. Vincent Bouget a opposé une fin de non-recevoir catégorique, déclenchant la colère de Jean-Marie Launay qui a dénoncé le "sectarisme" de cette décision. Le président a rétorqué que l'extrême droite "n'accepte pas le résultat des élections" et a rappelé les nombreux recours déposés par ce camp politique.

Refus systématique et accusations d'agressivité

Même scénario pour la désignation des représentants au syndicat PETR Garrigues et Costières de Nîmes, où le RN a demandé un siège au nom de "l'ouverture", et au Sitom Sud Gard, où les élus d'extrême droite ont argué qu'ils disposaient de postes lors de la mandature précédente. Vincent Bouget a systématiquement refusé, expliquant vouloir protéger les élus de "l'agressivité" des représentants du RN.

Face à ces refus répétés, les élus du Rassemblement national ont demandé le vote à bulletin secret "en signe de protestation", malgré le fait que le vote se fasse à la majorité simple et que l'extrême droite ne puisse mathématiquement obtenir de sièges. Cette manœuvre était peut-être aussi une occasion pour le groupe de se compter, alors que lors de l'élection du président de Nîmes métropole, Julien Sanchez avait obtenu 10 voix de plus que celle de son propre camp. Cette fois, les représentants du RN n'ont pu réunir que les 11 voix de leur groupe.

Un calme olympien face aux provocations

Après ce mouvement d'humeur qui aurait pu faire durer le conseil jusqu'au milieu de la nuit, l'assemblée a poursuivi ses travaux dans une relative indifférence de l'opposition. Celle-ci n'est revenue à la charge qu'au moment de l'élection des représentants au conseil d'administration de Paloma, pour s'enquérir si "une enquête interne" avait été lancée après l'envoi d'un courriel pendant l'entre-deux-tours. Vincent Bouget a répondu avec son calme habituel que "l'affaire est traitée en justice", mettant ainsi fin aux interrogations.

Ce conseil communautaire a ainsi révélé les profondes divisions politiques au sein de Nîmes métropole, avec une extrême droite déterminée à contester chaque décision du nouveau président, et Vincent Bouget faisant preuve d'une détermination tranquille face à ces attaques répétées. La gouvernance de l'agglomération s'annonce complexe pour cette mandature, marquée par des rapports de force exacerbés et des positions difficilement conciliables.

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