Municipales 2026 à Nîmes : les candidats confrontés à la fracture sociale qui divise la ville
Nîmes 2026 : les candidats face à la fracture sociale

Nîmes face à ses divisions : les candidats aux municipales 2026 débattent des solutions contre la fracture sociale

À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Midi Libre a organisé ce mardi 17 février un débat réunissant les six prétendants au fauteuil de maire de Nîmes. La rencontre, qui s'est tenue à l'IFMS en partenariat avec le Cercle Mozart, a placé la fracture sociale au cœur des échanges, révélant une ville profondément divisée.

Une ville coupée en deux

Pascal Dupretz (LFI) a ouvert le débat en décrivant une réalité quotidienne : "Certains montent dans le bus et disent 'Je vais à Nîmes'. Clairement, il y a deux villes." Le candidat a souligné que 32% des Nîmois vivent sous le seuil de pauvreté, avec des proportions encore plus élevées dans certains quartiers. Pour lui, l'urgence réside dans l'allègement des charges locatives, qui peuvent représenter plus de 50% des dépenses pour les plus modestes.

Vincent Bouget (gauche) a renchéri : "Dans cette ville, selon où vous habitez, vous n'êtes pas considéré pareil." Il a pointé du doigt les 8 500 demandes de logements sociaux en attente et le coût du transport scolaire, fixé à 90€ par an à Nîmes alors qu'il est gratuit dans toute la région.

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Les propositions des candidats

Face à cette situation, les solutions avancées par les candidats révèlent des approches politiques distinctes :

  • Julien Plantier (DVD) propose une mutuelle communale pour l'accès aux soins et une baisse de la fiscalité de 6 points, affirmant que "la municipalité doit donner l'exemple" avant de demander des efforts aux habitants.
  • Franck Proust (LR), qui a baptisé sa liste "Tout Nîmes", mise sur l'éducation comme remède fondamental : "La base, c'est l'école. Quand on regarde la problématique de la carte scolaire, des fois la mixité n'existe plus !"
  • Jean-Marc Philibert (SE) insiste sur le "reste à vivre" après paiement des charges fixes et prône le développement d'une agriculture de proximité pour améliorer l'accès à l'alimentation.

Débats animés et accusations croisées

Le débat a connu des moments de tension, notamment lorsque Julien Sanchez (RN) a attaqué Julien Plantier sur son abstention lors du vote augmentant la taxe départementale sur les ventes immobilières en 2025 : "C'est bien de promettre des baisses de taxes, mais c'est bien aussi de ne pas voter des hausses."

Franck Proust a immédiatement répliqué en qualifiant d'"irresponsable" la proposition de baisse d'impôt de son concurrent, illustrant les profondes divergences sur les solutions économiques à apporter.

Des défis multiples pour reconnecter la ville

Au-delà des polémiques, plusieurs candidats ont souligné la nécessité de relier les quartiers populaires au centre-ville. Julien Plantier a insisté sur l'importance de travailler avec le tissu associatif, tandis que Franck Proust a refusé toute fatalité : "Il faut permettre à la jeunesse qui habite dans ces quartiers la possibilité de trouver un emploi. Le travail doit permettre de sortir de cette fracture sociale."

Le débat a également mis en lumière le taux de chômage particulièrement élevé à Nîmes, bien au-dessus de la moyenne nationale, ainsi que les inégalités d'accès aux équipements culturels et sportifs qui contribuent à perpétuer la division de la ville.

Alors que la campagne municipale s'intensifie, la question de la fracture sociale apparaît comme l'un des enjeux majeurs pour les Nîmois, qui devront choisir en mars 2026 le candidat dont les propositions leur sembleront les plus à même de réunifier une ville aujourd'hui séparée en deux mondes distincts.

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