Un second tour mouvementé à Saint-Jean-d'Illac
Le dimanche 22 mars, les électeurs de Saint-Jean-d'Illac ont vécu un second tour des élections municipales riche en rebondissements. Le maire sortant divers gauche, Édouard Quintano, a été réélu de justesse avec 47,69% des suffrages, soit 2 006 voix, lui permettant d'obtenir 22 sièges au conseil municipal.
Une victoire serrée face à l'opposition
Face à lui, Virginie Gandrand (divers droite) a réalisé un score honorable avec 44,82% des voix, correspondant à 1 885 bulletins et six sièges. La candidate a immédiatement annoncé qu'elle formerait une opposition constructive, tout en exprimant sa déception d'avoir échoué à seulement 121 voix du vainqueur.
Le cas singulier de Jean-Marc Meyre
Le véritable élément de surprise de ce scrutin concerne le troisième candidat, Jean-Marc Meyre. Bien qu'il ait officiellement annoncé le retrait de sa candidature le mercredi 18 mars, après avoir déposé sa liste en préfecture la veille, sa liste a tout de même obtenu 315 voix (7,49%), lui permettant de décrocher un siège au conseil municipal.
« Nous n'étions pas d'accord avec cette décision », témoigne Grégory Artico, l'un des colistiers de Jean-Marc Meyre. Selon lui, plus de la moitié de la liste souhaitait poursuivre la campagne malgré le retrait annoncé par leur tête de liste.
Une équipe divisée et des bulletins imprimés en urgence
Nathalie Créant, deuxième sur la liste de Jean-Marc Meyre, évoque des « pressions » sur le candidat et affirme que « l'équipe a été trompée ». Face à cette situation inédite, les colistiers mécontents ont pris une décision radicale : après avoir contacté la préfecture, ils ont fait imprimer 5 000 nouveaux bulletins de vote qu'ils ont déposés dans les bureaux de vote le dimanche matin.
Édouard Quintano, le maire réélu, a réagi sobrement à ces événements : « Je ne vais pas commenter ce qu'a fait la liste de M. Meyre. Mais les responsables du scrutin ont jugé que c'était légal ». Il a toutefois déploré ces « événements tumultueux » et appelé à l'apaisement et la stabilité pour la commune.
Les réactions des principaux protagonistes
Virginie Gandrand, quant à elle, a préféré ne pas commenter la situation de la liste concurrente, insistant plutôt sur « l'essentiel » : « Nous avons porté des convictions avec exigence et sérieux. Notre voix continuera de compter ». Interrogée sur un éventuel recours, elle a temporisé en annonçant qu'elle prendrait le temps de débriefer la campagne.
Une installation sous tension
Le conseil municipal d'installation est prévu pour le samedi 28 mars. Dans cette configuration inattendue, Jean-Marc Meyre, candidat et élu malgré lui, se retrouve logiquement avec le siège de conseiller d'opposition. Une démission paraît probable, d'autant que le principal intéressé n'a pas donné suite aux sollicitations des médias lundi 23 mars.
Ce scrutin municipal à Saint-Jean-d'Illac restera donc dans les annales locales comme une élection particulièrement mouvementée, où les règles du jeu électoral ont été poussées dans leurs retranchements, et où la victoire du maire sortant, bien que nette en sièges, s'est jouée à seulement 121 voix d'écart.



