Élections municipales : huées, stratégies et rebondissements dans les conseils
Municipales : huées et stratégies dans les conseils

Scènes tendues lors des annonces de résultats municipaux

Cette semaine, les médias ont largement rapporté des incidents survenus lors des annonces des résultats des élections municipales. Plusieurs maires battus ont été accueillis sous les huées de leurs opposants, dimanche dernier, au moment crucial de la proclamation des chiffres. Certains élus sortants ont même rencontré des difficultés à quitter la salle en toute sécurité, dans une atmosphère particulièrement électrique.

Heureusement, cette situation n'a pas concerné Thibaut Guiraud à La Rochelle. Le maire sortant a néanmoins essuyé des huées pendant quelques instants de la part d'une partie, certes réduite, des personnes présentes à l'hôtel de ville. Ces manifestations hostiles ont éclaté lorsqu'il a annoncé le score modeste de sa liste, qui s'est établi à 9,9%. On peut légitimement s'interroger : la sanction des urnes n'était-elle pas déjà suffisamment douloureuse sans ces démonstrations supplémentaires ?

Stratégies politiques et ambitions cachées

Selon les informations du site INF La Rochelle, Jean-Marc Soubeste a annoncé qu'il ne siégerait pas dans l'opposition du conseil municipal, invoquant la volonté de "laisser place à la nouvelle génération". Cependant, ce que le chef de file écologiste ne précise pas ouvertement, c'est qu'il viserait probablement les prochaines élections législatives. Avec Olivier Falorni ayant cédé son écharpe de député, la voie semble désormais libre pour de nouveaux candidats, créant un contexte propice aux ambitions politiques.

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Messages subliminaux et jeux d'opposition

Lors du conseil d'installation des nouveaux élus de Rochefort, vendredi 20 mars, une proposition intéressante a été faite avant tout vote officiel. Il a été suggéré d'effectuer un vote test pour garantir une maîtrise parfaite des boîtiers électroniques. Dans ce scrutin à blanc, la majorité des élus ont voté pour, mais Fabrice Vergnier et Dorothée Machabert, nouveaux opposants de gauche, ont voté contre ! Ils étaient les seuls à prendre cette position. Sans doute s'agissait-il d'un petit jeu destiné à signifier clairement qu'ils ne voteraient pas systématiquement comme un seul homme les décisions d'Hervé Blanché et qu'ils comptaient jouer pleinement leur rôle d'opposants.

Le déni des chefs d'entreprise

Lors du bilan territorial de la CCI à Rochefort, le président du tribunal de commerce rochelais Gilles Desmouliers a pointé du doigt le plus gros défaut des chefs d'entreprise en difficulté : le déni. "En situation de redressement ou de cessation de paiements, ils nous disent 'attendez demain, ça va s'améliorer'", a-t-il rappelé. Face à cette pensée magique, le magistrat déplore également le manque de formation de certains entrepreneurs, incapables de comprendre un compte d'exploitation ou de calculer un seuil de rentabilité. Même le mot "faillite" est devenu tabou. Toute ressemblance avec certains comportements politiques serait, bien sûr, purement fortuite...

Le vent tournant à Saint-Georges-de-Didonne

Jean-Marc Bouffard, maire de Saint-Georges-de-Didonne de 2013 à 2020, est apparu tout sourire dans le gymnase Colette-Besson, dimanche 22 mars, au soir du second tour des élections municipales. Vainqueur par procuration, le nouveau maire Yves Trocmet s'est montré effectivement très proche de l'ancien édile. Il y a six ans, l'homme à battre était Jean-Marc Bouffard. Cette année, la cible s'est déplacée sur le dos de Didier Simonnet, contre qui se sont ligués les cinq autres listes candidates et divers groupes non présents sur la ligne de départ. Tous se sont montrés ravis de la victoire, le 22 mars, d'un ami de celui sur qui ils s'étaient tant acharnés six ans auparavant. Le vent est décidément tournant à Saint-Georges-de-Didonne.

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Le comportement du bon perdant

L'attente a été particulièrement longue avant l'officialisation des résultats, dimanche 22 mars à l'espace Mendès-France de Saintes. Enfin, la première adjointe, Marie-Line Cheminade, est montée sur scène pour annoncer la victoire du maire Horizons sortant, Bruno Drapron. Mais elle a dû patienter encore un peu. Lorsqu'elle a prononcé le score de "Saintes demain", la liste de gauche plurielle a applaudi bruyamment, comme si c'était elle qui s'était imposée. Partie de rien il y a un an, cette formation s'est donné le droit d'y croire... pour la prochaine fois.

L'unanimité relative

Christian Berthelot a présidé la première séance du conseil municipal de Saintes, vendredi 27 mars, en sa qualité de doyen. Il était visiblement très heureux de céder la place à sa tête de liste, Bruno Drapron. Il l'a même déclaré élu "à l'unanimité". "À la quasi unanimité", a tempéré le socialiste Ludovic Norigeon, qui a fédéré les huit voix de son camp, contre 27 au maire divers droite.

L'Histoire comme référence

Lors de son installation officielle dans le fauteuil de maire vendredi 20 mars, Clément Piochaud a révélé qu'il serait le 31e maire de Matha depuis 1792. Précis, il a même indiqué que 60 mandats municipaux avaient été exercés depuis cette date. Ces références historiques ne surprennent guère quand on sait que le nouveau maire mathalien est professeur de lettres et d'histoire à Saintes, apportant ainsi une dimension culturelle à sa nouvelle fonction.