Bourg-en-Bresse : une campagne municipale sous tension entre continuité et alliance inédite
Municipales à Bourg-en-Bresse : alliance inédite et abstention menacent

Une campagne municipale sous tension à Bourg-en-Bresse

« Alors, c’est reparti pour un cycle ? ! » lance le serveur du café Le Scarron, dans le centre de Bourg-en-Bresse, en voyant entrer le « patron » de la ville. Jean-François Debat, maire socialiste sortant, élu dès le premier tour depuis 2008, incarne une stabilité tranquille dans cette commune de 43 000 habitants. Pourtant, il constate que « l’ambiance de campagne a changé ».

« On est inquiet mais mobilisé », affirme-t-il, évoquant un « à quoi bonisme » ambiant et une « démobilisation » de la population. Sa principale menace n’est pas tant ses adversaires que l’abstention. En 2020, plus de 64 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés, un record lié selon lui à une « overdose nationale de la politique ».

Une alliance inédite qui crispe l’ambiance

Cinq listes sont présentes pour ces élections municipales. Parmi elles, celle de Benoît de Boysson, avocat de 44 ans, attire particulièrement l’attention. Il conduit une alliance entre Reconquête et deux élus Les Républicains, sans investiture concurrente du parti, une configuration « inédite » dans la préfecture de l’Ain.

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« Ça met de la tension de voir des Républicains se ranger derrière un zemmouriste », dénonce Jean-François Debat. Il qualifie cette union d’« anormale, dangereuse et complètement contre-nature », y voyant une « trahison du pacte républicain ». Le maire sortant appelle les électeurs à « refuser » cette « expérimentation » et espère que les Burgiens sanctionneront cette alliance.

Les défis locaux : insécurité et désertification du centre

Dans les rues ensoleillées de Bourg-en-Bresse, les terrasses sont animées, mais les vitrines fermées se succèdent sur quelques dizaines de mètres. Flo, 25 ans, désigne les panneaux « à louer » autour de la place. « Il n’y a pas grand-chose à dire, il n’y a qu’à regarder », constate-t-il, évoquant aussi une insécurité en hausse.

Le boucher du centre-ville partage ce constat : « Ce n’est pas la faute de Pierre, Paul ou Jacques s’il y a la désertification du centre. C’est pareil dans toutes les villes moyennes de France. » Virginie, gérante du Beausoleil, liquide son commerce après quatorze ans d’activité. « Les samedis après-midi ne ressemblent plus à avant, c’est vide », regrette-t-elle.

Benoît de Boysson défend son programme et son alliance

Installé en terrasse, Benoît de Boysson salue les passants. Officiellement classée « divers droite », sa liste assume l’appui du parti d’Éric Zemmour, mais rejette toute étiquette d’extrême droite. « Ce n’est pas une liste Reconquête, LR ou Nouvelle énergie, c’est une liste burgienne. Une union de la droite », martèle-t-il.

Il déroule les principaux axes de son programme : plus de police municipale, davantage de caméras, la fin du plan de circulation pour « remettre des voitures » dans le centre, un festival pour redonner une identité locale. « On trouve plus facilement un dealer qu’un docteur ici, tacle-t-il. Ce n’est pas acceptable. »

L’abstention, enjeu majeur de la campagne

Pour Benoît de Boysson, l’abstention prouve que « la base du maire s’érode ». « Après dix-huit ans de Debat, il y a ceux qui ont un vrai ras-le-bol et veulent du changement », affirme-t-il. L’avocat pense avoir « de réelles chances de gagner », un avis partagé par Julien, 48 ans, qui travaille dans le bâtiment : « Ça ferait plaisir d’avoir quelqu’un comme lui à la tête de la ville. »

En réponse, Jean-François Debat assure ne pas vouloir « proposer une continuité » mais « conquérir à nouveau ». « Mon bilan est un solide appui, mais je veux que les habitants choisissent la meilleure solution pour les années à venir », déclare-t-il.

Dimanche 15 mars, l’enjeu à Bourg-en-Bresse ne sera peut-être pas seulement l’alliance de la droite et de l’extrême droite, mais aussi de savoir combien de Burgiens choisiront de voter.

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