Municipales 2026 : un candidat RN au passé sulfureux dans le Gard, Rémi Gaillard bouscule le jeu à Montpellier
Chaque matin, Midi Libre vous livre les informations marquantes des municipales 2026 dans son rendez-vous quotidien "Debout les urnes". Retrouvez, jusqu'au second tour le 22 mars 2026, l'essentiel des infos du scrutin à déguster en même temps que votre petit-déjeuner.
Le fait du jour : un candidat RN controversé dans le Gard
Le 6 février dernier, le Rassemblement national a officialisé la candidature de Philippe Gibelin, 75 ans, pour les municipales à Bellegarde, dans le Gard. Cet ex-cadre de La Poste vise à succéder au maire Juan Martinez en misant sur le localisme, la sécurité, les traditions taurines et provençales.
Le profil du candidat suscite cependant la polémique. Ancien trésorier du Grece (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne) dans les années 1980, il est lié à la mouvance identitaire. En 2015, il a participé à la construction d'une clôture anti-migrants à Ásotthalom, à la frontière hungaro-serbe.
Pourtant, Philippe Gibelin se défend de tout rattachement idéologique à l'extrême droite. "Je revendique une identité provençale, française et européenne, tout simplement", déclare-t-il. Malgré ce passé lié à l'extrême droite radicale, les cadres gardois du Rassemblement national, dont le député Yoann Gillet et l'eurodéputé Julien Sanchez, refusent tout commentaire, alors que le parti poursuit sa stratégie de dédiabolisation.
La phrase du jour : Raymond Couderc sort de sa réserve
"Je ne peux pas rester uniquement spectateur". Cette phrase vient de Raymond Couderc, maire de Béziers de 1995 à 2014, dans un entretien accordé à Midi Libre. L'ancien édile s'était astreint à une forme de neutralité depuis son retrait de la politique en 2014.
À bientôt 80 ans, Raymond Couderc a décidé de s'engager pour les élections municipales en affichant son soutien à un candidat. "J'ai décidé d'avoir une parole publique dans cette campagne", a confié Raymond Couderc à Mélissa Alcoléa, cheffe d'agence de Midi Libre Béziers. "J'ai envie de le faire, c'est un peu mon devoir aussi. Je ne peux pas rester uniquement spectateur, même si mon rôle d'acteur est très minime. Sur les réseaux sociaux, par exemple, je n'ai jamais relayé la campagne de quelqu'un. Aujourd'hui, je relaie celle de Thierry Mathieu. C'est le candidat qui correspond le mieux aux valeurs que je défends".
Le chiffre du jour : 375 spectateurs pour le débat à Montpellier
C'est le nombre de spectateurs qui ont assisté au débat des municipales organisé par Midi Libre, en collaboration avec le Cercle Mozart, à Montpellier, au cinéma Pathé Odysseum, ce jeudi 19 février 2026. Huit candidats étaient présents et ont défendu leurs idées pour Montpellier :
- Michaël Delafosse
- France Jamet
- Rémi Gaillard
- Nathalie Oziol
- Isabelle Perrein
- Jean-Louis Roumégas
- Philippe Saurel
- Thierry Tsagalos
Le prochain débat organisé par Midi Libre pour ces élections municipales aura lieu au Cap d'Agde, ce vendredi 20 février, au Palais des Congrès.
La tendance du jour : Rémi Gaillard crée la surprise à Montpellier
Selon le sondage Ifop pour Midi Libre et le Cercle Mozart, le maire sortant Michaël Delafosse (PS) arrive largement en tête avec 35% des intentions de vote au premier tour. Il devance de 19 points la députée LFI Nathalie Oziol (16%).
La surprise vient de l'humoriste Rémi Gaillard, crédité de 10%, ce qui lui permettrait de se qualifier au second tour. Il capte notamment 26% de l'électorat des 18-24 ans et des déçus des partis traditionnels (LFI, RN, Reconquête).
À Montpellier, l'éparpillement des voix affaiblit la droite et les écologistes de Jean-Louis Roumégas. Le maintien de candidats comme Philippe Saurel, Mohed Altrad ou France Jamet (entre 8 et 9%) laisse planer l'incertitude sur la configuration finale du scrutin.
"On peut donc aussi bien se retrouver avec un duel Delafosse-Oziol qu'avec une pentagulaire", souligne le politologue Michel Crespy auprès de Midi Libre. "Beaucoup de candidats flirtent avec cette barre fatidique des 10%. Or ce qui fera la différence, c'est l'abstention, cette capacité à faire voter pour son camp. Ce sera le premier chiffre à regarder de près, au soir du premier tour".



